Retards de paiement des fonctionnaires : Bavon Mbuyi Mukuna évoque des contraintes budgétaires liées au contexte de guerre
Le retard observé dans le paiement des salaires du mois de janvier des agents et fonctionnaires de l’État continue de faire réagir la classe politique congolaise. Le dernier en date à réagir est l’ex–député provincial du Kasaï Oriental, Bavon Mbuyi Mukuna, qui a exprimé son soutien au ministre des finances, Doudou Mfwamba, face aux critiques.
Dans un entretien accordé à Étoilenews.net jeudi 19 février 2026, Bavon Mbuyi Mukuna a tenu à replacer le débat dans son contexte économique et institutionnel. Selon lui, le ministère de finances agit dans les limites strictes des ressources disponibles.
« Le ministère des Finances ne travaille qu’avec ce que le pays produit. Et c’est pour cela que les uns traitent le ministre de “Paquebot”, de “clé du gouvernement”… Aujourd’hui, nous avons un problème : est-ce que notre Banque centrale connaît le nombre de billets qui sont en circulation en RDC ? C’est un problème. C’est une situation que le régime a héritée », a-t-il expliqué.
En sus, il a rappelé que l’argentier national agit dans le cadre des programmes établis avec les institutions de Bretton Woods, afin de gérer au mieux les ressources nationales.
L’ancien député de Mbujimayi estime que la gestion des finances obéit avant tout aux orientations du gouvernement, indépendamment de la personnalité qui occupe le poste. Ce cadre de l’UDPS considère qu’au regard du contexte actuel, personne ne pourrait faire mieux que ministre en place.
« Monsieur Doudou n’est pas venu avec un paquet d’argent de chez lui. Il est en train de faire une politique pour toute la République… Bien sûr qu’il peut faire des propositions, mais aujourd’hui, qu’on prenne Jésus Christ le parfait, qu’on place quelqu’un d’autre là-bas, je crois qu’il ne saura pas faire plus que Doudou qui est là. », a-t-il insisté.
Il a par ailleurs invité la population à la patience, rappelant que le contexte sécuritaire impose, de facto, des priorités budgétaires.
« Que les gens prennent leur mal en patience. Il promet par rapport à la politique du gouvernement, par rapport à ce que l’État produit. Quand les ressources sont mobilisées, elles sont mises à sa disposition pour être redistribuées selon être priorités. Aujourd’hui, nous faisons face à un problème récurrent lié à la guerre. La priorité est donc accordée aux policiers et aux militaires, avant de suivre progressivement l’ordre établi des priorités… Nous ne justifions pas les retards, mais il est important de reconnaître les contraintes et d’accompagner le ministre pour qu’il puisse améliorer la situation », a-t-il souligné.
Rappelons que depuis plusieurs semaines, de nombreux agents de l’État n’ont pas encore perçu leur salaire de janvier. Ce retard a nourri des spéculations sur la situation financière du pays, notamment sur les réseaux sociaux et dans certains milieux syndicaux où l’on évoque un possible affaiblissement des finances publiques. Du côté du gouvernement, le ministre de finances parle d’un gisement technique , lié aux mises à jour administratives, à la mécanisation des effectifs et aux ajustements nécessaires en début d’année.
John Kadima


