Formation numérique en RDC : 200 formateurs dénonceraient des conditions de travail précaires et l’absence de prise en charge
Alors que le programme national de formation numérique, visant à former 250 000 jeunes Congolais, entre dans sa phase opérationnelle, des voix anonymes au sein du corps des formateurs expriment leur inquiétude concernant l’organisation de la session pilote qui a débuté le 12 février 2026 à Kinshasa.
Selon ces sources, les 200 formateurs sélectionnés pour encadrer le programme auraient été laissés sans prise en charge lors de leur séjour dans la capitale. Ils auraient notamment signalé :
L’absence de transport pour se rendre à Kinshasa, que ce soit par voie aérienne ou pour les déplacements locaux ;
Le manque de logement sur place, malgré leur obligation de suivre les sessions de formation ;
L’absence de per diem ou d’indemnités pour couvrir leurs besoins quotidiens pendant la formation ;
Aucune couverture médicale en cas de problème de santé.
Ces formateurs, qui ont quitté leurs provinces pour participer à cette initiative, affirment que les fonds destinés à leur prise en charge auraient pourtant été décaissés, mais qu’ils n’auraient jamais atteint les bénéficiaires finaux. Selon eux, il ne serait pas acceptable que les jeunes formateurs servent uniquement de justificatifs financiers pour un éventuel détournement.
La formation, organisée en partenariat avec les entreprises américaines Cisco et Cybastion, et soutenue par le ministère de la Jeunesse et Éveil patriotique ainsi que le ministère de la Formation professionnelle, devait théoriquement assurer une prise en charge complète des participants, incluant logement, transport et indemnités. Airtel RDC, partenaire stratégique, assurerait quant à elle l’appui logistique et la connectivité.
Cette situation met en lumière un contraste entre l’ambition du programme et la réalité du terrain, selon les dénonciateurs. Ils demanderaient que des mesures urgentes soient prises pour corriger ces manquements et garantir des conditions de travail décentes aux formateurs, essentiels à la réussite de la formation des 250 000 jeunes bénéficiaires.
Jonathan Madika


