Kasaï-Oriental : avec l’appui de la Fondation Lisette Kabanga Tshibwabwa, la population est descendue dans les rues de Mbujimayi pour dénoncer les violences faites aux femmes à l’Est de la RDC

 Kasaï-Oriental : avec l’appui de la Fondation Lisette Kabanga Tshibwabwa, la population est descendue dans les rues de Mbujimayi pour dénoncer les violences faites aux femmes à l’Est de la RDC

Toutes les artères de la ville de Mbujimayi ont été prises d’assaut, ce samedi 28 mars, par une marche pacifique organisée pour dénoncer les violences sexuelles et les exactions dont sont victimes les femmes et les enfants dans l’Est de la République démocratique du Congo, commises par les rebelles de l’AFC/M23, avec le soutien le Rwanda.

Initiée par la société civile du Kasaï Oriental, à l’occasion de la clôture du mois de mars dédié aux droits des femmes, avec l’appui de la Fondation Lisette Kabanga Tshibwabwa, cette mobilisation a réuni toutes les couches de la population. Parmi les figures marquantes, l’on a noté la présence de l’Abbé Blaise Kanda, considéré comme une voix des sans-voix.

Venue joindre sa voix à cette action citoyenne, Lisette Kabanga Tshibwabwa, fille du terroir, a marché aux côtés de la population du Kasaï Oriental pour dénoncer les tueries et massacres qui perdurent depuis plusieurs décennies dans l’Est du pays, où la femme congolaise paie un lourd tribut à l’insécurité.

Partie de la grande place de la Poste, la marche a parcouru plusieurs artères de la ville, notamment les avenues Inga, Salongo et Lusambo, avant de chuter à la place Bonzola, où un meeting a été organisé.

Sur place, plusieurs allocutions ont été prononcées par les acteurs de la société civile et des leaders d’opinion.

Prenant la parole, Rose Mbuyi, présidente de la société civile forces vives du Kasaï Oriental, a rappelé l’objectif de cette mobilisation, axé sur la solidarité envers les femmes victimes de violences sexuelles et de toutes formes d’abus dans l’Est du pays. Elle a également lancé un message d’espoir à leur endroit.

« Nous nous sommes dit que nous, femmes du Kasaï Oriental et du Grand Kasaï, devons nous unir à celles qui souffrent et meurent chaque jour. Face à ces violences, nous ne pouvions pas rester silencieuses. C’est pourquoi, pour clôturer le mois de la femme, nous avons organisé cette marche. À toutes les femmes meurtries de l’Est, nous demandons de garder espoir. La guerre est en train de prendre fin, et justice ainsi que réparation leur seront rendues. Elles ne doivent pas se décourager », a-t-elle déclaré.

De son côté, l’Abbé Blaise Kanda a insisté sur l’unité nationale, condamnant fermement le tribalisme sous toutes ses formes. Il a appelé les Congolais à s’en détourner, estimant qu’il constitue un frein à l’émergence du pays.

« Si nous sommes ici pour porter la voix des femmes meurtries de l’Est, c’est aussi pour dire non au tribalisme. Nous sommes du Kasaï, mais aujourd’hui, nous défendons la femme de l’Est. Chères dames, vous n’êtes pas seules. Depuis Mbujimayi, nous sommes avec vous et pensons à vous chaque jour. Nous, Congolais, devons rester unis. Le sang qui coule dans nos veines est le même. Nous sommes tous fils et filles d’un même pays. Refusons la division, ne laissons pas la politique nous opposer, et engageons-nous ensemble pour le progrès de notre nation », a-t-il déclaré.

Placée sous le thème « Crimes à l’Est : assez d’impunité », cette marche visait à exiger justice et réparation pour les femmes et les enfants meurtris.

Après la marche, la journée a été clôturée par la remise d’ordinateurs aux étudiants lauréats de la bourse, à la résidence de la fondation. La cérémonie a été présidée par la fondatrice, Lisette Kabanga Tshibwabwa.

Dans la foulée, la clé d’une ambulance neuve a été remise au ministre provincial de la Santé, don de Lisette Kabanga destiné au territoire de Lupatapata.


Jonathan Madika

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