ESU – 3ᵉ jour du Congrès d’études congolaises : le professeur José Mvuezolo met en avant les atouts géologiques et climatiques du Congo pour son émergence stratégique

 ESU – 3ᵉ jour du Congrès d’études congolaises : le professeur José Mvuezolo met en avant les atouts géologiques et climatiques du Congo pour son émergence stratégique

Prenant part au premier Congrès d’études congolaises organisé à l’Université Officielle de Mbujimayi (UOM), le professeur José Mvuezolo Bazonzi, enseignant à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a livré une communication axée sur les enjeux géopolitiques et stratégiques de la République démocratique du Congo dans un monde en pleine mutation.

Intervenant dans le cadre des réflexions scientifiques consacrées au devenir du Congo au troisième millénaire, l’universitaire congolais a développé une thématique intitulée : « La RDC à la croisée des chemins : jalons pour un destin géopolitique assumé ».

Face aux chercheurs, étudiants, décideurs et autorités académiques réunis dans l’amphithéâtre Félix Tshisekedi de l’UOM, le professeur José Mvuezolo a soutenu que la RDC dispose aujourd’hui d’atouts capables de modifier profondément son positionnement sur la scène internationale.

Selon lui, le pays ne peut plus se limiter au simple statut de réservoir mondial de matières premières, au regard de l’importance stratégique prise par les minerais critiques dans le contexte de la transition énergétique mondiale.

« La RDC possède des ressources qui influencent désormais les équilibres géopolitiques mondiaux. Les minerais critiques constituent aujourd’hui un enjeu majeur dans les transformations énergétiques et industrielles à l’échelle internationale », a-t-il expliqué.

Au cours de son intervention, le professeur de l’UNIKIN a insisté sur plusieurs priorités qu’il considère comme essentielles pour permettre au Congo de devenir une puissance régionale capable de défendre ses intérêts économiques et stratégiques.

Il a notamment évoqué la nécessité de consolider la souveraineté territoriale du pays, de renforcer le leadership climatique de la RDC grâce au bassin du Congo, mais également de promouvoir une industrialisation locale orientée vers la transformation des matières premières.

Ce professeur a également plaidé pour une intégration régionale fondée sur les intérêts économiques réels du pays, loin des modèles qu’il juge peu avantageux pour la RDC.

Abordant la question des infrastructures, il a cité le corridor de Lobito comme une opportunité importante pour l’économie congolaise, tout en recommandant le développement des corridors intérieurs afin de faciliter l’intégration nationale et le désenclavement de plusieurs régions du pays.

« Le Congo doit transformer localement ses ressources naturelles pour créer davantage de valeur ajoutée. L’industrialisation demeure un passage obligé pour renforcer notre économie et notre indépendance stratégique », a-t-il affirmé.

Le professeur José Mvuezolo Bazonzi a par ailleurs insisté sur l’importance d’une diplomatie forte et multivectorielle, estimant que la RDC doit apprendre à défendre ses intérêts dans un environnement international marqué par une forte compétition autour de ses ressources naturelles.

Au-delà des échanges scientifiques, l’enseignant de l’UNIKIN a salué l’organisation du premier Congrès d’études congolaises qu’il considère comme une initiative historique pour la recherche et la pensée scientifique en République démocratique du Congo.

« Ce congrès constitue un cadre inédit de réflexion scientifique sur les défis du pays. Il réunit des spécialistes venus de plusieurs horizons pour penser ensemble l’avenir du Congo », a-t-il déclaré.

Le professeur José Mvuezolo a également exprimé son admiration face à l’évolution des infrastructures de l’Université Officielle de Mbujimayi. Revenant sur sa précédente visite en 2006, à l’époque où l’établissement fonctionnait encore comme extension de l’Université de Lubumbashi, il a estimé que l’UOM fait désormais partie des universités modernes du pays.

Comparant même l’architecture de l’UOM à celle de l’Université de Sussex en Angleterre, où il avait effectué un séjour de recherche l’année dernière, il a encouragé les étudiants et les responsables académiques à préserver ce patrimoine universitaire pour les générations futures.

Lancé le 26 mai 2026, le premier Congrès d’études congolaises se poursuit jusqu’au vendredi 29 mai autour du thème général : « Demain, le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national ».

Jonathan Madika

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