RDC : Henri Kapinga recadre Joseph Kabila, « le Congo n’est pas un héritage privé »
Le discours de Joseph Kabila à la nation, prononcé ce vendredi 9 octobre 2026, continue de faire réagir la classe politique congolaise. Le député provincial du Kasaï Oriental, Henri Kapinga, est à son tour monté au créneau, estimant que l’ancien Chef de l’État n’incarne pas un modèle pour la République Démocratique du Congo.
Dans une publication sur ses réseaux sociaux, l’élu de Mbujimayi a comparé son retour sur la scène politique à celui d’un musicien en quête de son public. Il a aussi soutenu que la nostalgie d’une partie de l’opinion n’équivaut pas à l’adhésion de toute la population.
« Le retour de Joseph Kabila sur la scène politique ressemble à celui d’un musicien qui , après une longue absence, tente de reconquérir un public dont il a perdu la confiance. À force de vouloir se repositionner dans le débat public, il risque de confondre la nostalgie de certains avec l’adhésion de tout un peuple (…) », a-t-il écrit.
Pour Henri Kapinga, Joseph Kabila sera jugé sur ses actes. Il insiste sur le fait que la décision finale appartiendra au peuple congolais.
« Nous l’attendons sur le terrain de ses ambitions et de ses actes. Lorsqu’il décidera de concrétiser ce qu’il prétend entreprendre, il croisera sur son chemin ce même peuple congolais auquel il fait aujourd’hui allusion. Et ce peuple, dans sa souveraineté, aura le dernier mot », a-t-il ajouté.
Dans la foulée, le député a écarté toute idée de la RDC comme propriété familiale. Ce dernier estime que nul homme politique ne peut se dire propriétaire de la République.
« Qu’il soit bien entendu : la République Démocratique du Congo n’est ni une plantation d’arachides, ni un patrimoine familial que l’on hérite de son père et que l’on revendique au gré de ses ambitions. Le Congo appartient aux Congolais (…) En démocratie, aucun homme n’est propriétaire de la République. L’histoire politique ne donne aucun droit de propriété sur une nation », a-t-il conclu.
Rappelons que, dans son adresse ce vendredi dernier diffusée en direct sur les réseaux sociaux, Joseph Kabila a vivement critiqué la gestion du président Félix Tshisekedi. Il a dénoncé un pouvoir qui, à son avis, fait la sourde oreille et s’engage dans des initiatives suicidaires , dont celle visant à modifier la Constitution.
John Kadima


