Kasaï-Oriental : Journée internationale de la santé mentale, la population appelée à lutter contre la stigmatisation des personnes présentant des troubles mentaux
La population du Kasaï-Oriental est appelée à abandonner les préjugés envers les personnes présentant des troubles mentaux et à favoriser leur prise de parole. Cet appel a été lancé samedi 17 octobre 2026 à Mbujimayi, lors de la célébration de la Journée internationale de la santé mentale, organisée dans la salle Mpokolo wa Moyo, sous le thème national : « Quand les voix sont entendues, le changement devient réel : agir pour la santé mentale en RDC ».
Présidée par Jean-Louis Kalala, chef de bureau à la Division provinciale de la Santé, représentant la cheffe de division, cette activité a réuni des acteurs du secteur autour des enjeux liés à la santé mentale. Dans son mot d’accueil, le Dr Léon Mbenga, médecin coordonnateur provincial du Programme de santé mentale, a rappelé que cette journée constitue une occasion de sensibiliser la communauté et de favoriser les échanges sur les difficultés rencontrées par les personnes concernées.

« Cette journée vise à sensibiliser les communautés à l’importance de la santé mentale. Pour cette édition, nous voulons favoriser le partage d’expériences et les échanges autour des thèmes national et international retenus », a-t-il expliqué.
Prenant la parole, le Dr Gilbert Kannyinda, chargé du suivi et de l’évaluation à la coordination provinciale de la santé mentale, a mis l’accent sur la peur de la stigmatisation, qui empêche certaines personnes d’exprimer leurs souffrances et de parler de leur vécu.
« Beaucoup de personnes confrontées à des troubles mentaux ou à des difficultés psychologiques ont du mal à raconter ce qu’elles vivent, par peur d’être stigmatisées. Il est donc important de sensibiliser la population afin qu’elle cesse de porter des jugements sur ces personnes. Les prestataires de santé doivent également les encourager à s’exprimer pour faciliter leur accompagnement et favoriser un changement réel », a-t-il souligné.
De son côté, le Dr Léon Mbenga a développé la question de la dépression maternelle et de la stimulation psychomotrice de l’enfant dans le contexte de la malnutrition. Il a insisté sur le fait que la santé mentale ne concerne pas uniquement les personnes atteintes d’une maladie mentale, mais l’ensemble de la communauté.
« La santé mentale nous concerne tous. Elle ne se résume pas aux maladies mentales diagnostiquées. Une personne confrontée à des difficultés qu’elle n’arrive pas à surmonter peut connaître un déséquilibre psychologique. Si ces difficultés ne sont pas prises en charge, la situation peut parfois s’aggraver », a-t-il expliqué.
Pour le médecin coordonnateur provincial, il est également essentiel de créer un environnement dans lequel chacun peut parler librement de ses difficultés, sans peur d’être jugé ou rejeté.
« Nous voulons que chacun puisse se sentir libre de parler de ses problèmes, d’exprimer ses difficultés et de se confier lorsqu’il traverse une période compliquée. Cette liberté de parole est importante pour préserver l’équilibre mental et favoriser le bien-être », a-t-il ajouté.
Célébrée chaque année le 10 octobre, la Journée mondiale de la santé mentale vise à sensibiliser le public aux enjeux de la santé mentale et à lutter contre les discriminations visant les personnes concernées. Pour 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a retenu le thème : « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement ».
L’objectif est notamment de donner une place centrale aux personnes ayant vécu des troubles mentaux dans les décisions, l’organisation des services de santé mentale et les actions de lutte contre la stigmatisation.
Madika Tshionyi Jonathan


