Guerre à l’Est de la RDC : « Il n’existe aucune solution militaire au conflit », affirme la Belgique, qui condamne le choix Kabila de diriger le FRN

 Guerre à l’Est de la RDC : « Il n’existe aucune solution militaire au conflit », affirme la Belgique, qui condamne le choix Kabila de diriger le FRN

Le gouvernement belge a  condamné le choix  de l’ancien  président congolais Joseph Kabila de prendre la tête du  Front pour la refondation de la Nation (FRN), estimant que  cette initiative risque de compliquer les efforts de paix en République Démocratique du Congo.

Dans une déclaration faite ce mercredi 21 octobre, le vice-premier  ministre et ministre belge des Affaires étrangères , Maxime Prévot, a exprimé son opposition sans équivoque à cette initiative.

« Mais je veux être ici très clair à propos de l’annonce de la création du Front pour la Refondation de la  Nation. Il s’agit d’un développement très préoccupant que je condamne sans la moindre  équivoque. Que Joseph Kabila, un ancien chef d’État qui a lui-même été confronté aux ravages des rébellions armées, fasse le choix de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire qui entend parvenir au pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques est à la fois déplorable, incompréhensible et inacceptable. », a-t-il déclaré.

Pour le chef de la diplomatie belge, aucune ambition politique ne peut justifier le recours à la violence contre les institutions nationales.

« Nul ne peut prétendre agir ainsi dans l’intérêt de son peuple en recourant à la violence comme instrument d’action politique et en s’attaquant aux institutions de son propre pays. Cette voie est profondément illégitime. Elle ne conduit ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie », a-t-il ajouté.

Maxime Prévot prévient que les conséquences d’un tel choix devront être assumées par ceux qui le font. Il réaffirme la position de la Belgique en faveur d’un règlement pacifique du conflit.

« La Belgique a toujours défendu une approche fondée sur le dialogue et la recherche de solutions pacifiques, convaincue qu’il n’existe aucune solution militaire au conflit. Toute escalade armée ne ferait qu’aggraver les souffrances d’une population qui demeure la première victime de rivalités et d’ambitions qui la dépassent. Cette violence insensée doit cesser », a-t-il poursuivi.

De ce fait, Bruxelles appelle toutes les parties à privilégier le dialogue et les négociations. En député de lenteur des avancées sur le terrain, le ministre estime que les processus de Doha et de Washington comme des cadres importants pour parvenir à une solution négociée.

« Dès lors, la Belgique continuera à soutenir fermement les processus de Doha et de Washington ainsi qu’à plaider pour la mise en œuvre intégrale et de bonne foi des engagements qui ont été pris  », a-t-il précisé, avant d’annoncer la poursuite de ses consultations avec les responsables de la région, de l’Union européenne et les pays engagés dans la médiation.

Notons qu’il s’agit là de la première réaction de condamnation de la communauté  internationale après l’annonce du FRN le 12 octobre à Goma. Le mouvement, faut-il le rappeler, s’est donné pour mission de mettre un terme à ce qu’il  qualifie de tyrannie et dit être prêt à utiliser tous les moyens, y compris la force armée.

John Kadima

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