Nomination à la MIBA : « Sans argent, changer les dirigeants ne sert à rien », insiste Robert Kalonji, qui réclame des moyens pour relancer la société
Le renouvellement de l’équipe dirigeante de la Minière de Bakwanga (MIBA) ne produira pas les résultats attendus sans un accompagnement financier conséquent. C’est l’avis de Robert Kalonji, ancien député provincial ,élu de Mbujimayi, qui appelle les autorités à débloquer les fonds annoncés pour la relance de l’entreprise et à revoir sa stratégie de développement.
Dans un entretien accordé ce mardi 3 novembre 2026 à Etoilenews.net, cet acteur politique du Kasaï-Oriental a salué l’arrivée de nouveaux dirigeants, dont plusieurs seraient d’anciens cadres de la société. Il estime toutefois que rien ne pourra changera sans financement.
« On peut changer plusieurs fois les dirigeants parce que ça ne marche pas, mais il faut accorder des moyens à la MIBA. On nous a parlé de 50 millions, d’une enveloppe de 50 millions. Ça fait autant de mois, nous tendons maintenant vers des années et cette enveloppe n’arrive toujours pas… », a-t-il déclaré.
Pour l’ancien élu, la relance passe aussi par une réflexion sur l’avenir de l’entreprise face aux mutations du marché du diamant.
« À son époque, la MIBA pouvait déverser 5 millions de dollars chaque mois sur le marché. Cela boostait l’économie et permettait à tout le monde de se retrouver », a-t-il rappelé. Les fonds attendus devraient, selon lui, permettre à la société de produire, de vendre et de redevenir rentable.
En sus, Robert Kalonji a évoqué les annonces relatives aux gisements de cuivre découverts dans la province. D’après lui, leur certification est une étape indispensable pour établir leur potentiel réel et attirer des investisseurs.
« Pour qu’une mine soit viable, elle doit d’abord être certifiée. Est-ce que cette opération a été réalisée ? Vous êtes journaliste, vous devez vérifier cette histoire. Parce que c’est cette certification qui peut attirer davantage d’investisseurs. Dans la certification, vous avez tous les éléments et tout ce que vous voulez, même les quantités. Est-ce que ce travail a été fait ? Parce que ce document de certification peut être présenté sur le plan international pour lever des fonds », a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs écarté l’idée d’un développement fondé seulement sur l’exploitation artisanale.
« Il faut industrialiser l’exploitation. On peut avoir le minerai, mais si on n’a pas les moyens de l’exploiter, cela reste tout simplement une chanson, comme toujours. Moi, je pense que la seule voie, c’est l’exploitation industrielle », a-t-il conclu, demandant aux autorités de s’appliquer pour que « les vrais miniers puissent venir travailler ici ».
Il sied de rappeler que le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a renouvelé l’équipe dirigeante de la MIBA par ordonnance présidentielle signée le 17 octobre 2026. Ndumbi Kayembe Mubanga Placide a été nommé président du conseil d’administration et Albert Gordon Kalonji Ditutu directeur général. L’entreprise traverse depuis plusieurs années une crise financière qui a fortement affecté ses activités et entraîné l’arrêt de sa production.
John Kadima


