Mbujimayi : Le prix du maïs explose, les commerçantes dénoncent des conditions inhumaines
À Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï-Oriental, la population fait face à une nouvelle flambée du prix du maïs, un aliment de base pour des milliers de foyers. En quelques semaines, le coût de la mesurette est passé de 3 500 à plus de 6 000 francs congolais dans certains marchés, alimentant une vive inquiétude chez les consommateurs.
Sur les étals du marché de Dibindi, communément appelé Bakwa Dianga, la tension est palpable. Les commerçantes, nombreuses à tirer leur revenu de la vente de maïs, dénoncent non seulement la hausse des prix mais surtout les conditions d’approvisionnement qu’elles jugent dégradantes. Celles qui tentent de se procurer le maïs dit de Kanyama Kasese — cultivé localement et distribué à des points spécifiques — décrivent un calvaire quotidien.
« Nous passons des heures sous un soleil de plomb. Certaines d’entre nous sont bousculées, traitées sans respect, et parfois repartent les mains vides », témoigne une vendeuse, visiblement épuisée.
*Une crise sociale en gestation*
Cette situation pèse lourdement sur les ménages, déjà éprouvés par une inflation galopante. Les familles peinent à joindre les deux bouts, et la moindre augmentation sur les denrées alimentaires essentielles crée un déséquilibre brutal.
Les commerçantes interpellent les autorités provinciales sur l’urgence d’une régulation efficace du marché et d’une amélioration des circuits de distribution, afin d’éviter des tensions sociales.
Un appel à la dignité
Au-delà de l’aspect économique, c’est aussi la question du respect de la dignité humaine qui est soulevée. Ces femmes, pilier de l’économie informelle locale, demandent à être traitées avec considération dans les processus d’accès aux produits agricoles.
En attendant une réponse concrète du gouvernement provincial, l’inquiétude continue de grimper, à l’image du prix du maïs, devenu presque un luxe dans une ville pourtant agricole.
Rédaction


