RDC : « Commémorer les martyrs sans protéger nos frontières est une insulte à leur mémoire », dénonce le panafricaniste Bulengela Rossignol

 RDC : « Commémorer les martyrs sans protéger nos frontières est une insulte à leur mémoire », dénonce le panafricaniste Bulengela Rossignol

Prévue le 4 janvier de chaque année, la Journée des martyrs de l’indépendance a été commémorée ce lundi 5 janvier 2026 en République démocratique du Congo. Cette date renvoie à l’anniversaire des émeutes de Léopoldville de 1959, événements historiques marqués par de violents affrontements entre la population congolaise et le pouvoir colonial belge, qui ont ouvert la voie à l’accession du pays à l’indépendance le 30 juin 1960.

À l’occasion de cette commémoration, le panafricaniste Rossignol Tarcisse Bikengela, connu sous le nom de Bulengela Rossignol, a livré une tribune au ton sévère. Tout en reconnaissant les acquis issus des sacrifices consentis en 1959, il déplore qu’aujourd’hui, 67 ans plus tard, le sang continue de couler dans l’Est de la RDC, qu’il attribue à une guerre d’agression rwandaise imposée au pays.

« Le 4 janvier 1959, nos aînés tombaient sous les balles coloniales pour que nous soyons maîtres de notre sol. Aujourd’hui, 67 ans plus tard, le sang coule encore à l’Est, non plus sous le joug d’un empire lointain, mais sous le regard impuissant ou complice de ceux qui nous dirigent. Commémorer les martyrs sans protéger nos frontières est une insulte à leur mémoire », a-t-il exprimé, traduisant son ras-le-bol.

Poursuivant son analyse, Bulengela Rossignol remet en cause l’efficacité des démarches diplomatiques entreprises par les autorités congolaises, notamment sur la scène internationale.

« La souveraineté ne se négocie pas dans des salons feutrés à Washington. Alors que l’Accord de décembre 2025 nous était présenté comme un “miracle” diplomatique, le terrain nous hurle le contraire : les bombes continuent de tomber et l’occupation s’étend. Le Congo ne peut plus se contenter de traités de papier qui légitiment l’agression et bradent nos ressources sous couvert d’une paix factice », a-t-il dénoncé.

Évoquant les failles constatées dans les multiples initiatives diplomatiques du gouvernement congolais, le panafricaniste plaide pour un changement de paradigme. Il propose ce qu’il appelle une diplomatie de résistance, fondée sur l’affirmation ferme de la souveraineté nationale.

« Dirigeants, l’histoire vous regarde. Les Congolais ne réclament pas la charité internationale, mais la justice et la force d’un État capable de dire NON. Il est temps de rompre avec la diplomatie du renoncement pour retrouver celle de la résistance. L’indépendance est un combat quotidien », a-t-il conclu.

Le 4 janvier étant tombé un dimanche, la journée de commémoration des Martyrs de l’indépendance a été reportée au lundi 5 janvier 2026, déclaré jour férié sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo.

Jonathan Madika

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