Dialogue en RDC : Mutamba s’oppose à toute «blanchisserie» politique et dénonce les collusions étrangères

 Dialogue en RDC : Mutamba s’oppose à toute «blanchisserie» politique et dénonce les collusions étrangères

L’ex ministre de la Justice, Constant Mutamba, a exprimé son soutien au processus de dialogue national initié par le président de la République, Félix Tshisekedi. Il l’a fait savoir dans un courrier manuscrit daté de ce mercredi 5 février 2026, rédigé depuis le lieu de sa détention à l’Inspection provinciale de la Police à Kinshasa.

Dans cette lettre de 7 pages adressée au peuple congolais, l’ex-garde des Sceaux estime que cette démarche est une opportunité pour le pays, si jamais elle est conduite avec sincérité. Il y voit une démarche républicaine à même de renforcer la cohésion nationale dans le contexte actuel du pays.

« J’encourage cette initiative républicaine qui, si elle est sincère, peut aider à recréer la cohésion nationale en cette période charnière de notre histoire existentielle, où notre pays, la RDC, fait face à la guerre d’agression rwandaise et d’occupation étrangère dans sa partie Est », écrit-il.

Il conditionne néanmoins son adhésion à plusieurs préalables, en attendant la publication de la feuille de route, de la liste des médiateurs et du format du dialogue. Il parle notamment de la nécessité de mesures de décrispation politique et des garanties de sécurité pour le retour des opposants en exil.

« Des mesures sérieuses de décrispation politique doivent être prises en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés, victimes des arrestations arbitraires, des condamnations injustes… Des garanties sérieuses de sécurité et de confiance doivent être données pour assurer le retour des opposants se trouvant en dehors du territoire national », précise-t-il.

Poursuivant son message, Constant Mutamba met en garde contre toute dérive du dialogue. En effet , il refuse que ce cadre serve à un partage du pouvoir ou en une « blanchisserie  » politique. Il insiste sur le fait que ce processus ne doit en aucun cas servir à absoudre ceux qu’il accuse de trahison et de collusion avec des forces étrangères.

Il sied noter qu’il s’agit de la deuxième lettre écrite par Constant Mutamba sur papier libre depuis sa condamnation début septembre 2025. Il a été condamné à trois ans de travaux forcés dans une affaire portant sur près de 20 millions de dollars destinés à une prison à Kisangani, des faits qu’il n’a jamais cessé de contester.

John Kadima

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