ESU : l’UOM crée un Centre de langues Bertin Makolo Muswaswa et rend obligatoire la certification en langues avant la défense du DEA

 ESU : l’UOM crée un Centre de langues Bertin Makolo Muswaswa et rend obligatoire la certification en langues avant la défense du DEA

L’Université Officielle de Mbuji-Mayi (UOM) a procédé, ce samedi 30 mai 2026, au lancement officiel des activités de son nouveau centre de langues baptisé « Centre Bertin Makolo Muswaswa », une structure destinée à promouvoir l’apprentissage des langues nationales et internationales au sein de la communauté universitaire et au-delà.

La cérémonie s’est déroulée à l’amphithéâtre Félix Tshisekedi de l’UOM, en présence du professeur Bertin Makolo Muswaswa, dont le centre porte le nom, ainsi que de plusieurs professeurs, enseignants d’universités, étudiants, participants au premier Congrès d’études congolaises et représentants des médias.

Dans son intervention, le recteur de l’UOM, le professeur abbé Apollinaire Cibaka Cikongo, a expliqué que la création de ce centre répond à la nécessité de renforcer la maîtrise des langues utilisées dans le milieu universitaire et professionnel.

Selon lui, le centre assurera notamment l’enseignement du tshiluba, du lingala, du swahili et du kikongo, en plus du français et de l’anglais.

Apollinaire Cibaka Cikongo, recteur de l’UOM

« Nous sommes une université au service de la population. Il est donc difficile de vivre dans un milieu sans en maîtriser la langue. À Mbuji-Mayi, cela passe notamment par l’apprentissage du tshiluba. Mais en tant que Congolais, nous devons également maîtriser les autres langues nationales que sont le lingala, le swahili et le kikongo.

À cela s’ajoute le français, qui demeure la langue d’enseignement dans nos auditoires. Le centre offrira ainsi un cadre permettant à chacun d’apprendre ou de renforcer ses compétences en langues nationales et en français. Nous y ajoutons également l’anglais, une langue devenue incontournable dans un monde de plus en plus ouvert et exigée dans plusieurs contextes académiques et professionnels », a indiqué le recteur.

Il a souligné que la maîtrise des langues constitue aujourd’hui une condition essentielle pour accéder aux nombreuses opportunités académiques offertes à l’étranger. Il a révélé que l’UOM bénéficie déjà de plusieurs partenariats internationaux permettant à ses enseignants et chercheurs de poursuivre leur formation hors du pays.

« Nous avons maintenant construit tout un réseau de relations avec plusieurs pays occidentaux qui nous donnent déjà des bourses. Mais l’une des conditions de base est la maîtrise de l’anglais ou de l’une des langues des pays donateurs. Nous avons actuellement deux personnes en Allemagne et quatre autres en plein processus de sélection. Les bourses sont là, mais il faut connaître la langue. À partir de l’année prochaine, plusieurs dizaines de bourses nous sont offertes en Allemagne pour la formation de nos professeurs et chercheurs. Il est donc important pour nous de leur offrir cette base linguistique », a-t-il soutenu.

Au-delà de la question des bourses, le recteur a insisté sur la dimension internationale que prend progressivement l’Université Officielle de Mbuji-Mayi. Il a notamment évoqué le programme Erasmus développé avec l’Université de Düsseldorf, en Allemagne, qui prévoit l’arrivée d’étudiants allemands à Mbuji-Mayi pour suivre une partie de leur cursus académique.

Professeur Bertin Makolo

« Mais notre université, avec ses nouvelles infrastructures, intéresse déjà beaucoup de monde. Il existe, pour le moment, un programme Erasmus avec l’université de Düsseldorf, en Allemagne, qui prévoit que des étudiants allemands viennent passer, par exemple, un semestre dans nos auditoires.
Alors, quelle sera leur langue d’apprentissage ici ? Ce sera le français. Si notre université organise un centre où ils peuvent venir apprendre le français pendant leurs études, tant mieux. Mais ils communiqueront aussi en anglais. Il faut donc que nos étudiants s’y intéressent », a-t-il expliqué.

Pour Cibaka Cikongo, le Centre Bertin Makolo Muswaswa servira ainsi non seulement à former les étudiants congolais, mais aussi à offrir aux étudiants étrangers un cadre leur permettant d’apprendre le français et de mieux s’intégrer à leur environnement académique.

Il sied de noter que dans un premier temps, les cours seront organisés en régime vespéral dans les installations de l’université. Le recteur a indiqué que les enseignements se dérouleront principalement à partir de 17 heures, profitant de l’amélioration de la desserte en électricité et des conditions de sécurité dans la ville de Mbuji-Mayi.

Ouvert à tous, le centre proposera plusieurs niveaux de formation adaptés aux besoins des apprenants. Les frais seront maintenus à un niveau accessible afin de couvrir essentiellement les charges de fonctionnement et l’encadrement des formateurs.

Le professeur Apollinaire Cibaka Cikongo a enfin annoncé que les certificats délivrés par le Centre Bertin Makolo Muswaswa deviendront obligatoires pour les étudiants du troisième cycle. Aucun mémoire de DEA ne pourra être défendu à l’UOM sans une certification en langue nationale, en français et en anglais délivrée par le centre.

À travers cette initiative, l’Université Officielle de Mbuji-Mayi entend renforcer les compétences linguistiques de sa communauté universitaire, faciliter l’accès aux bourses internationales et accompagner son ambition de devenir une destination académique attractive pour les étudiants étrangers.

Jonathan Madika

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