ESU -Congrès d’études congolaises : le professeur Jean-Claude Matumweni souligne le rôle central de la communication dans la construction du savoir
À l’occasion du premier Congrès d’études congolaises organisé à l’Université Officielle de Mbujimayi (UOM), le professeur Jean-Claude Matumweni, enseignant à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), a mis en lumière le rôle de la communication dans la transmission des savoirs et la construction de l’identité collective.
Intervenant dans le cadre des réflexions consacrées au devenir du Congo au troisième millénaire, l’universitaire a abordé la question de la circulation des connaissances sous l’angle de la communication, en insistant sur les dimensions intergénérationnelle et intragénérationnelle de la transmission du savoir.
À l’en croire, chaque génération hérite d’un patrimoine intellectuel constitué de connaissances, d’expériences et de récits légués par les générations précédentes, avant de transmettre à son tour cet héritage à celles qui lui succéderont.
« Le deuxième axe de ma réflexion concerne la dimension intragénérationnelle, c’est-à-dire la manière dont le savoir circule au sein d’une même génération, les mécanismes que nous utilisons pour diffuser la science et la connaissance. J’ai situé cette réflexion dans le cadre de ce que l’on appelle l’identité narrative, car les récits qui circulent dans une société contribuent à façonner son identité », a-t-il expliqué.
Développant davantage cette notion d’identité narrative, le professeur Jean-Claude Matumweni a estimé que les récits transmis aux générations futures ne devraient pas se limiter aux performances sportives ou artistiques, mais intégrer également les réalisations scientifiques du pays.
« Nous devons faire en sorte que les récits que nous léguerons aux générations futures ne soient pas uniquement constitués de victoires dans le football ou dans la musique. Ils doivent aussi contenir les connaissances produites par nos scientifiques, leurs recherches, leurs découvertes et leurs innovations. C’est cet ensemble qui construit aujourd’hui notre identité narrative et qui contribuera à bâtir celle des générations futures », a-t-il soutenu.
S’appuyant sur la maïeutique de Socrate et le célèbre principe du « Connais-toi toi-même », l’enseignant de l’UNISIC a souligné que la compréhension de soi passe notamment par la connaissance de son histoire, de ses récits et de son patrimoine intellectuel.
Abordant la question de la promotion de la recherche scientifique en République démocratique du Congo, le professeur Jean-Claude Matumweni a appelé les pouvoirs publics à accroître les investissements consacrés à ce secteur qu’il juge fondamental pour le développement du pays.
Selon lui, aucune nation n’est parvenue à un niveau élevé de développement sans accorder une place importante à la recherche et à l’innovation.
Le professeur Matumweni a rappelé que les grandes puissances mondiales consacrent des budgets considérables à la recherche scientifique et au développement technologique. À ce titre, il estime que la RDC devrait fournir davantage d’efforts pour soutenir la production scientifique nationale.
Il a notamment évoqué l’engagement pris il y a quelques années par le Chef de l’État de consacrer 3 % du budget national à la recherche scientifique, un objectif qui reste, selon lui, à concrétiser.
« Nous ne demandons pas à l’État d’investir des montants comparables à ceux des grandes puissances. Mais nous estimons qu’un effort supplémentaire doit être consenti. Le Chef de l’État avait proposé d’allouer 3 % du budget national à la recherche. Jusqu’à présent, cet objectif n’a pas encore été atteint. Il est donc nécessaire de renforcer les moyens consacrés à la recherche afin de valoriser davantage la science », a-t-il conclu.
Lancé le 26 mai dernier à Mbujimayi, le premier Congrès d’études congolaises a réuni pendant quatre jours chercheurs, enseignants, étudiants et décideurs autour du thème : « Demain, le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national ». Les travaux se sont clôturés le vendredi 29 mai 2026.
Jonathan Madika


