RDC : l’UDPS rejette les conclusions de Human Rights Watch sur les violences du 12 juin et réclame des preuves à la justice
L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) conteste vigoureusement le rapport publié le 9 juillet 2026 par Human Rights Watch (HRW), qui met en cause des personnes présentées comme appartenant à la Force du Progrès dans les violences enregistrées lors du sit-in de l’opposition du 12 juin à Kinshasa. Dans un communiqué signé le dimanche 12 juillet par son secrétaire général, Augustin Kabuya, le parti présidentiel dénonce un rapport qu’il juge incomplet et fondé sur une démarche ne respectant pas le principe du contradictoire.
Selon l’UDPS, les responsables du parti n’ont pas été officiellement consultés avant la publication du rapport. Le parti affirme avoir appris, par les médias et les réseaux sociaux, la présence du directeur exécutif de Human Rights Watch à Kinshasa, avant qu’une représentante de l’ONG ne sollicite finalement un échange avec ses dirigeants.
« Les démarches entreprises par cette ONG étaient, dès l’origine, entachées d’une insuffisance manifeste dans la collecte contradictoire des informations », affirme Augustin Kabuya, estimant que Human Rights Watch n’a pas suffisamment confronté les différentes versions avant la publication de son rapport.
Le parti présidentiel rejette également les accusations selon lesquelles il aurait mandaté des membres de la Force du Progrès pour empêcher la tenue du sit-in organisé par la Coalition Article 64 (C64). Il soutient que les sept personnes évoquées dans le rapport n’ont jamais été envoyées par sa hiérarchie et invite Human Rights Watch à transmettre à la justice congolaise tous les éléments permettant de les identifier, alors qu’une procédure judiciaire est déjà en cours devant le Parquet général près la Cour de cassation.
L’UDPS insiste par ailleurs sur la nature de la Force du Progrès, qu’elle présente comme une structure de mobilisation citoyenne relevant de la Ligue des jeunes du parti.
« La véritable Force du Progrès constitue une structure de mobilisation citoyenne rattachée à la Ligue des jeunes du Parti. Elle n’est, en aucun cas, une structure d’agression ou de violence. Toute tentative d’imputer à l’UDPS les agissements de personnes usurpant cette identité porte atteinte à son image et à sa réputation », soutient le secrétaire général de l’UDPS.
Le parti réaffirme son attachement à la non-violence, au dialogue et au respect de l’État de droit, tout en précisant qu’il se réserve le droit d’engager des actions judiciaires contre toute allégation qu’il jugerait inexacte ou diffamatoire.
Dans son rapport publié la semaine dernière, Human Rights Watch affirme que les forces de sécurité congolaises ont fait un usage excessif de la force pour disperser les manifestants de la Coalition Article 64 devant le Palais du Peuple. L’organisation soutient également que des individus présentés comme proches de la Force du Progrès auraient participé à des attaques contre des militants et des sièges de partis de l’opposition.
Il sied de souligner que pour étayer ses conclusions, HRW indique avoir recueilli les témoignages de 38 personnes, dont plusieurs manifestants blessés ainsi que sept individus se présentant comme membres de la Force du Progrès. Certains auraient déclaré avoir été mobilisés pour empêcher la tenue du sit-in en échange d’une rémunération, des accusations que l’UDPS rejette catégoriquement.
Jonathan Madika


