Guerre dans l’Est : l’ONU sanctionne Corneille Nangaa, l’AFC/M23 et plusieurs chefs de groupes armés
Le Conseil de sécurité des Nations unies a renforcé son dispositif de sanctions contre les groupes armés opérant dans l’est de la République démocratique du Congo. Le 14 juillet 2026, le Comité des sanctions créé en vertu de la résolution 1533 a inscrit six individus et deux entités sur sa liste des personnes et organisations visées par des mesures restrictives.
Parmi les personnalités sanctionnées figure Corneille Nangaa, coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement politico-militaire allié au M23. L’ONU lui reproche son rôle dans le soutien et la coordination des activités de l’AFC/M23, groupe armé qui contrôle plusieurs localités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et qui est accusé de graves violations des droits humains ainsi que d’atteintes à la souveraineté de la RDC.
John Imani Nzenze, responsable du renseignement du M23, fait également partie des personnes sanctionnées. Le Comité de l’ONU a aussi ciblé deux commandants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Sébastien Uwimbabazi et Gustave Kubwayo, accusés d’être impliqués dans des activités armées et des violences contre les populations civiles.
La liste comprend également Muhammed Lumisa, commandant des Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé d’origine ougandaise responsable de nombreuses attaques meurtrières dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, ainsi que Charles Sematama, chef militaire du groupe Twirwaneho, actif dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu.
Outre ces six responsables, le Comité des sanctions a décidé d’ajouter l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) et le groupe armé Twirwaneho à la liste des entités sanctionnées.
Les mesures imposées comprennent le gel de tous les avoirs détenus à l’étranger, l’interdiction de voyager ainsi qu’un embargo sur les armes. Les États membres des Nations unies sont tenus d’appliquer ces sanctions afin de limiter les capacités financières, logistiques et militaires des personnes et organisations concernées.
Ces nouvelles sanctions interviennent dans un contexte marqué par les efforts diplomatiques visant à ramener la paix dans l’est de la RDC. Elles coïncident avec les initiatives régionales et internationales engagées pour obtenir un cessez-le-feu durable et relancer le processus de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, alors que les combats impliquant le M23 et d’autres groupes armés continuent d’alimenter une grave crise humanitaire.
À travers cette décision, les Nations unies réaffirment leur volonté de lutter contre l’impunité et de faire pression sur les responsables des violences qui déstabilisent l’est de la RDC depuis plusieurs années.
Jonathan Madika


