Kasaï-Oriental : Kabanda accuse Mbwebwa de vouloir«intentionnellement » morceler le patrimoine immobilier de la MIBA en violation de la loi, la société saisit Kinshasa pour obtenir le retrait de ses actes administratifs

 Kasaï-Oriental : Kabanda accuse Mbwebwa de vouloir«intentionnellement » morceler le patrimoine immobilier de la MIBA en violation de la loi, la société saisit Kinshasa pour obtenir le retrait de ses actes administratifs

La Société Minière de Bakwanga (MIBA SA) accuse le Gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, d’avoir engagé un processus de réaménagement visant une partie de ses parcelles à Mbujimayi. Dans une correspondance adressée à la ministre nationale des Affaires foncières et transmise pour information au Chef de l’État, Félix Tshisekedi, l’entreprise dénonce ce qu’elle qualifie de « processus de lotissement irrégulier » et sollicite le retrait des actes administratifs pris au niveau provincial.

Dans cette lettre datée du 22 juillet 2026 et signée par son Administrateur Directeur Général, André Kabanda Kana, la MIBA affirme avoir appris « par voie des réseaux sociaux » l’existence d’actes administratifs pris par l’autorité provinciale en vue de réaliser des études de faisabilité et d’élaborer un plan d’aménagement sur des parcelles appartenant à la société.

L’entreprise cite notamment un ordre de mission collectif du 3 juillet 2026 ainsi qu’un arrêté provincial du 15 juin 2026, qu’elle attribue à l’administration provinciale dirigée par Jean-Paul Mbwebwa Kapo.

Selon la MIBA, ces initiatives concernent particulièrement des parcelles résidentielles lui appartenant, occupées par certains de ses agents ainsi que par des responsables des services administratifs, militaires, policiers et judiciaires à Mbujimayi.

« Nous nous empressons, par la présente, auprès de votre Autorité pour dénoncer avec regret la procédure déclenchée par le Gouverneur de la Province du Kasaï-Oriental pour réaménagement de la partie du quartier ciblé qui concerne uniquement les parcelles résidentielles de la MIBA SA, habitées par certains de ses agents et autres autorités administratives, militaires, policières et judiciaires à Mbujimayi », écrit l’Administrateur Directeur Général de la MIBA.

Cette entreprise publique rejette l’argument selon lequel cette démarche s’inscrirait dans le cadre de la Politique nationale d’aménagement du territoire. Elle estime que l’initiative porte atteinte à son patrimoine immobilier et constitue une violation des textes régissant la gestion des biens d’une entreprise du portefeuille de l’État.

« En réalité, l’Autorité provinciale vise intentionnellement à morceler le patrimoine immobilier d’une entreprise du Portefeuille de l’État en violation des dispositions légales en la matière et des statuts sociaux de la MIBA SA. (…) Nous sollicitons votre implication personnelle aux fins que l’Autorité provinciale retire ses actes qui sont contraires à la loi foncière dans ses dispositions pertinentes », affirme la correspondance.

Dans un autre passage de sa lettre, la MIBA met directement en cause la responsabilité de l’autorité provinciale dans la protection de son patrimoine foncier. Elle estime que les mesures prises favorisent des occupations qu’elle juge irrégulières de ses concessions.

« Nous dénonçons cet acte car, c’est l’Autorité Provinciale qui est censée protéger le patrimoine foncier de l’État à la MIBA SA, contre toute occupation illégale, qui ouvre la porte aux personnes qui spolient les concessions foncières de la Société et ce, contre la volonté de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, celle de voir la MIBA SA reprendre ses activités minières », écrit la société.

Par ailleurs la MIBA rappelle ainsi que la préservation de son patrimoine immobilier constitue, selon elle, un enjeu majeur dans le processus de relance de ses activités minières et de redynamisation de l’entreprise.

Madika Tshionyi Jonathan

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