Kasaï Oriental : huit mois de forfaits impayés et plus de 200 mois d’arriérés de salaires, les agents de la MIBA réclament la concrétisation de la promesse de relance de la société
À la MIBA, la colère des travailleurs monte d’un cran. Réunis en sit-in ce mardi 11 août à la Direction générale de l’entreprise à Mbujimayi, les agents réclament le paiement de huit (8) mois de forfaits impayés, alors qu’une décision annoncée au niveau du gouvernement devait permettre de soutenir mensuellement leur rémunération. À ces arriérés s’ajoute un passif salarial historique de plus de 200 mois.
Les portes de plusieurs bureaux de la Direction générale de la Société minière de Bakwanga sont restées fermées ce mardi matin. Dès 8h30, les travailleurs ont répondu au mot d’ordre du Bureau syndical national (BSN), qui avait annoncé cette mobilisation dans une lettre datée du 7 août 2026.
Au cœur de la revendication : le paiement de huit (8) mois de forfaits, correspondant à la période de janvier à août 2026. Les travailleurs estiment que cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’une résolution aurait été prise au niveau du chef de l’État pour permettre le décaissement mensuel d’environ un million de dollars, destiné au paiement d’un acompte salarial aux agents de la MIBA, dans l’attente de la relance effective de l’entreprise.
Pour Mohamed Febatare Ntumba, président du Bureau syndical national de la MIBA, cette décision n’a pas produit, selon les travailleurs, les effets attendus.
« Le Chef de l’État, quand nous disons qu’il est le champion du bien-être social, il a décidé à son niveau à ce que 1 million de dollars soient décaissés chaque mois afin de subvenir à la paie d’un acompte ce n’est même pas le salaire total des travailleurs MIBA, en attendant la relance effective. Bien qu’il l’ait dit, mais au niveau du gouvernement, le ministre du Budget, le ministre des Finances et nous avons même notre tutelle qui doivent faire le suivi de ça. Bien que ça se fasse d’une manière ou d’une autre, les retombées, nous ne les voyons pas. C’est ainsi qu’aujourd’hui nous totalisons les huit mois encore d’impayés », a-t-il fait savoir.
Le syndicat distingue ainsi les huit mois de forfaits actuellement réclamés des arriérés salariaux historiques qui, selon lui, dépassent 200 mois.
Dans une lettre adressée à l’Administrateur directeur général de la MIBA, le BSN évoque précisément le paiement d’un forfait de sept mois qui tardait déjà à être effectué au moment de la rédaction du document. Lors de l’entretien réalisé ce mardi, le président syndical parle désormais de huit mois, correspondant à la période allant de janvier à août 2026.
Les travailleurs réclament également la concrétisation des engagements pris par le chef de l’État pour la relance de l’entreprise, notamment l’annonce d’une enveloppe de 50 millions de dollars.
Pour le président du syndicat, les annonces doivent désormais laisser place à des résultats visibles.
« L’argent maintenant de la relance même ! Le Chef de l’État a déclaré nous avons des vidéos ici , il a déclaré amener les 50 millions. Mais ça est où ? Ça est où ? Ça reste un slogan ? Ça ne doit pas demeurer un slogan. Nous voulons que ce montant-là travaille, que la population voie la promesse du Chef de l’État être concrétisée. »
Par ailleurs, le mouvement de ce mardi n’est présenté par le syndicat que comme une première étape. Les services d’urgence des hôpitaux ainsi que la sécurité étaient exclus du dispositif annoncé dans la correspondance du BSN.
Les travailleurs affirment également ne pas croire aux informations faisant état de la disponibilité de trois mois de salaire en banque, exigeant des preuves concrètes de la disponibilité des fonds.
Le syndicat appelle ses membres à rester unis et à suivre les prochains mots d’ordre. Il prévient qu’en l’absence de solution, la mobilisation pourrait se durcir.
Au-delà des huit mois de forfaits actuellement au cœur de la contestation, c’est donc l’ensemble de la question salariale qui demeure posée à la MIBA, avec un passif de plus de 200 mois d’arriérés dénoncé par les travailleurs. Pour eux, l’urgence est désormais de voir les décisions et promesses annoncées au niveau national se traduire par des paiements effectifs et par la relance réelle de l’entreprise.
Madika Tshionyi Jonathan


