Kasaï-Oriental : « Les efforts de guerre n’ont pas permis à l’État de respecter totalement ses engagements », Kazadi répond à Mpoyi

 Kasaï-Oriental : « Les efforts de guerre n’ont pas permis à l’État de respecter totalement ses engagements », Kazadi répond à Mpoyi

La gestion budgétaire du Kasaï-Oriental fait l’objet de deux lectures différentes. Alors que le député national Godet Mpoyi met en cause des prévisions budgétaires qu’il juge irréalistes, Franck Kazadi Ntita, député provincial et président de la commission Économie et Finances (ECOFIN) de l’Assemblée provinciale, explique le faible niveau d’exécution par plusieurs contraintes ayant affecté les ressources attendues.

Intervenant dans le cadre du Forum Nsangilu, Godet Mpoyi a notamment pointé le budget provincial de 2025, qu’il estime avoir été gonflé par des prévisions irréalistes. Selon lui, cette situation aurait des conséquences directes sur l’accès de la province aux appuis nationaux.

« Un budget de 2025 gonflé par des prévisions irréalistes, au point de dépasser celui de la Province du Lualaba, pourtant nettement plus riche. Ces budgets “fantaisistes” pénalisent directement la province en la privant des appuis nationaux : la Caisse nationale de péréquation refuse de prioriser le Kasaï-Oriental, estimant à tort que la région dispose de recettes suffisantes », a déclaré Godet Mpoyi.

Une lecture que Franck Kazadi Ntita relativise en mettant en avant les différentes sources de financement prévues dans le budget et les difficultés rencontrées dans leur mobilisation. Il cite notamment les recettes locales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les recettes à caractère national.

« En 2025, le budget avait été élaboré sur base des recettes locales, les appuis des partenaires techniques et financiers PTF, et les recettes à caractère national. Malheureusement, avec la chute des prix du diamant, la fermeture de la SACIM, la faible digitalisation des recettes, la province n’a pas réussi à maximiser ses recettes. Du côté des PTF, les financements attendus n’ont pas été libérés à la suite de la fermeture de plusieurs organismes internationaux (USAID, UNICEF, Save the Children,…) », se défend-il.

Le député provincial met également en cause la régularité des ressources attendues du gouvernement central, notamment la rétrocession et les fonds d’investissement.

« Du côté recettes à caractère national, les grands projets d’investissements du pays et les efforts de guerre n’ont pas permis au gouvernement central de se libérer totalement de ses engagements vis-à-vis de la province en commençant par la régularité de la rétrocession, les fonds d’investissements, etc. »

Franck Kazadi Ntita reconnaît ainsi que le taux d’exécution du budget est resté faible par rapport aux projections. Il plaide pour une mobilisation accrue des ressources extérieures, une maximisation des recettes locales et une gestion publique davantage orientée vers les priorités de développement.

Madika Tshionyi Jonathan

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