RDC : depuis sa cellule, Constant Mutamba condamne « l’agression armée » et fustige un pouvoir qui écarte d’autres acteurs de la résolution de la crise

 RDC : depuis sa cellule, Constant Mutamba condamne « l’agression armée » et fustige un pouvoir qui écarte d’autres acteurs de la résolution de la crise

L’ancien ministre d’État, ministre de la Justice, Constant Mutamba, accuse l’administration Tshisekedi de faire passer les calculs politiques avant un dialogue inclusif pour sortir la République démocratique du Congo (RDC) de la crise.

Il a formulé cette accusation le mercredi 28 octobre 2026, dans une lettre manuscrite adressée au peuple congolais. Dans sa massive, il dénonce l’emprisonnement de certains opposants et l’instrumentalisation de la justice, qu’il tient pour responsables de l’aggravation des divisions politiques.

« Au lieu de rassembler les Congolais, nous assistons plutôt à l’approfondissement des divisions politiques, à l’emprisonnement de certains leaders de l’opposition, à l’instrumentalisation de la justice à des fins de règlements de comptes », écrit-il.

Sa position, dit-il, reste inchangée : « Je condamne fermement l’agression contre notre pays, mais je dénonce également les méthodes d’un pouvoir qui semble croire que la résolution de la crise sécuritaire peut se faire en excluant d’autres acteurs majeurs. »

Pour l’ex-garde des Sceaux, les ambitions politiques ne sauraient justifier ni le recours aux armes ni le contournement des principes constitutionnels.

« Aucune frustration personnelle ne justifie une rébellion armée. Aucune ambition politique ne justifie non plus l’instrumentalisation des institutions pour réduire les adversaires  au silence », a-t-il ajouté, rappelant que « notre Constitution ne permet ni la conquête du pouvoir par les armes, ni sa conservation au mépris de l’ordre constitutionnel ».

Constant Mutamba critique par ailleurs les pratiques politiques et judiciaires en cours à Kinshasa, qu’il considère comme un obstacle à l’unité nationale.

« De l’autre côté, à Kinshasa, des pratiques d’exclusion politique, d’humiliation, des poursuites judiciaires instrumentalisées et des atteintes aux libertés contribuent à diviser davantage les Congolais, au moment où leur unité devrait constituer notre première force », poursuit-il.

L’ancien membre du gouvernement Suminwa affirme avoir alerté, lorsqu’il siégeait au gouvernement, sur les menaces qui pèsent aujourd’hui sur le pays. Il rappelle avoir défendu une ligne ferme contre les réseaux  rebelles et s’interroge sur la libération de certains de leurs membres dans le cadre des accords de Doha.

John Kadima

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