RDC : La CENCO dénonce une intimidation après la rétention du passeport de Mgr Nshole.
Le mercredi 25 février 2025, un incident a ravivé les tensions entre l’Église catholique et les autorités congolaises. La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a vivement condamné la confiscation, pendant plusieurs heures, du passeport de Monseigneur Donatien Nshole, son secrétaire général, par des agents de la Direction Générale de Migration (DGM) à Lubumbashi.
L’évêque revenait de Dar es Salaam, où il participait à une mission dans le cadre du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, un projet porté par la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC). Il devait rejoindre Kinshasa pour y rencontrer le président Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise qui secoue l’Est de la RDC.
Pour l’Église catholique, cet acte ne relève pas d’un simple contrôle administratif. « C’est une intimidation inacceptable », a dénoncé Monseigneur Fulgence Muteba Mugalu, président de la CENCO. « Nous n’accepterons aucune pression dans notre quête de la paix pour notre peuple ».
La restitution du document de voyage n’a eu lieu qu’après plusieurs interventions, laissant planer des doutes sur les motivations réelles des autorités migratoires.
Malgré cet incident, la CENCO et l’ECC restent déterminées à poursuivre leur mission de médiation pour la paix. Le Pacte social vise à réunir les forces politiques, la société civile et les groupes armés autour d’un dialogue inclusif. Une démarche que certains proches du président Félix Tshisekedi voient d’un mauvais œil, préférant les canaux diplomatiques régionaux comme les processus de Luanda et Nairobi.
Alors que la crise sécuritaire s’aggrave à l’Est, la relation tendue entre l’Église catholique et le pouvoir congolais reflète la bataille d’influence sur la gestion des solutions de paix. L’Église, forte de sa proximité avec la population, reste convaincue que la paix ne se construira qu’avec l’implication de toutes les composantes de la société.
Rédaction


