RDC : Après avoir traité le gouverneur militaire de l’Ituri de « stupide », le chef de l’armée ougandaise menace de s’emparer de Kisangani
Les tensions montent entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda après des déclarations incendiaires du général Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF). Ce dernier a publiquement menacé le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, l’accusant de s’opposer aux opérations militaires de l’UPDF en RDC.
Dans une série de publications sur son compte Twitter, Muhoozi Kainerugaba a qualifié le gouverneur congolais de « très stupide » et a laissé entendre une possible arrestation imminente. « Nous allons l’arrêter très bientôt », a-t-il écrit, accentuant la pression dans un contexte déjà marqué par des tensions autour de l’opération conjointe Shujaa, menée par l’UPDF et les Forces armées de la RDC (FARDC) contre les rebelles des ADF.
Le général ougandais a également abordé la situation dans la province de la Tshopo, affirmant que l’UPDF ne s’opposerait pas à une éventuelle prise de Kisangani par les rebelles du M23, tout en incitant ces derniers à agir rapidement. Il a évoqué des « messages WhatsApp » en provenance de Kisangani et ajouté : « Nous pourrions capturer la vidéo demain si Mzee nous le permettait », faisant allusion au président ougandais Yoweri Museveni.
Ces déclarations surviennent dans un contexte de violence accrue en Ituri. Du 19 au 20 mars 2025, des affrontements sanglants ont opposé l’UPDF aux miliciens de CODECO dans la cité de Fataki, territoire de Djugu. L’armée ougandaise revendique la mort de 242 combattants ennemis et rapporte avoir perdu un soldat, tandis que quatre autres ont été blessés.
Muhoozi Kainerugaba a également pris position contre CODECO, déclarant : « CODECO prie le Diable tous les jours ! Nous prions Jésus-Christ tous les jours. Voyons qui est le plus fort ? » Il a affirmé vouloir éliminer « au moins 10 000 » membres du groupe armé.
Le chef des armées ougandaises a également insisté sur le lien entre l’Ouganda et certaines communautés vivant à l’Est de la RDC. « Je n’abandonnerai jamais les Ougandais de l’Est du Congo. Les Alurs, les Bahema, les Banande et les Batutsi. Ce sont nos frères et nous avons le DROIT de les protéger ! », a-t-il déclaré, soulevant des interrogations sur les véritables intentions de Kampala dans la région.
Face à ces déclarations et aux récents affrontements, les autorités congolaises restent silencieuses. Aucun communiqué officiel n’a été publié, que ce soit au niveau provincial ou national. Seule information confirmée : un militaire congolais blessé lors des combats de Fataki a été évacué vers Bunia par la MONUSCO.
Déployée en RDC depuis novembre 2021, l’UPDF mène l’opération Shujaa aux côtés des FARDC, officiellement pour traquer les rebelles des ADF, accusés de massacres en RDC et d’attentats en Ouganda. Toutefois, la présence militaire ougandaise en Ituri et ses récents discours agressifs font craindre une extension du conflit et une remise en question des relations entre les deux pays.
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