Kasaï-Oriental : Sous pression, le Parquet de Tshilenge relâche le chef Muya, mais laisse derrière lui 50 mandats qui terrorisent sa communauté
Le chef coutumier Muya, à la tête du groupement de Bakwa Kasansa 1, a été libéré ce jeudi par le Parquet de grande instance de Tshilenge après y avoir passé une nuit en détention. Son arrestation faisait suite à une déclaration confirmant l’existence du groupement Bakwa Kasansa 2, situé dans le secteur de Kakangayi, dans le territoire de Miabi, province du Kasaï-Oriental.
Cependant, sa remise en liberté n’efface pas la vague de répression judiciaire qui s’abat actuellement sur les habitants des groupements Bakwa Kasansa 1 et 2. Selon des sources concordantes, le Parquet aurait décidé unilatéralement de supprimer ces deux entités coutumières, déclenchant ainsi une série d’arrestations et d’intimidations.
Depuis cette décision controversée, environ cinquante mandats d’amener ont été émis contre des habitants des deux groupements. Une situation qui a plongé les communautés rurales concernées dans la peur et l’incertitude, dans un contexte déjà marqué par un accès limité à la justice et à la protection administrative.
Face à cette situation tendue, une question revient avec insistance : que fait l’autorité politico-administrative provinciale pour mettre fin à cette spirale d’intimidation judiciaire ? Le silence des autorités provinciales suscite de vives interrogations, alors que les victimes sont majoritairement issues de milieux vulnérables, souvent ignorés dans les prises de décision officielles.
Saisi du dossier, le Parquet général est désormais attendu pour faire toute la lumière sur ce dossier, dont les contours sont jugés arbitraires par plusieurs observateurs. Des appels urgents se multiplient pour une implication rapide afin de restaurer la paix sociale dans ces zones rurales et garantir le respect des droits coutumiers.
Les habitants de Bakwa Kasansa, désemparés, implorent les autorités provinciales et nationales de leur venir en aide. Ils réclament justice, sécurité et respect, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une utilisation abusive de l’appareil judiciaire contre leurs communautés.
En dépit de la libération rapide du chef Muya, la persistance des mandats d’amener laisse planer une menace constante. Pour les populations concernées, ce geste reste un soulagement partiel dans une crise bien plus profonde, qui exige une réponse ferme, juste et institutionnelle.
Rédaction


