Kasaï-Oriental : Kayemba accuse Mbwebwa de l’écarter de la gestion de la Province
Le climat se tend au sommet de l’exécutif provincial du Kasaï Oriental. Le vice-gouverneur, Augustin Kayemba Mulemena, accuse le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa kapo de l’écarter de la gestion des affaires de la province.
Dans une correspondance adressée au chef de l’exécutif provincial, dont une copie est parvenue à Etoilenews.net, le numéro 2 de la province déplore son absence d’implication dans la conduite des activités, en dépit de son statut de colistier élu.
« Depuis que nous avons commencé le travail, vous m’avez écarté et vous ne m’impliquez pas dans la gestion concertée de la Province ; alors que je suis votre colistier prouvé », lit-on dans ce document.
Poursuivant, Augustin Kayemba indique ne pas être associé aux décisions prises par les autorités provinciales, affirmant être informé a posteriori des actions engagées.
« J’apprends tout ce qui se passe dans la gestion de la province comme tout le monde où soit quand je lirai les copies dans les signataires pendant que l’événement a déjà eu lieu, soit il y a plusieurs semaines voire un mois, etc », », déplore-t-il, citant notamment son exclusion dans la formation du gouvernement provincial, des cabinets ministériels, et des structures de suivi des projets. Il évoque aussi son absence lors de certaines activités officielles, y compris dans des domaines relevant de sa compétence.
Outre ces griefs, Augustin Kayemba appelle à une implication effective dans la gestion provinciale, car, à l’en croire, la collaboration au sein de l’exécutif est indispensable pour répondre aux attentes de la population.
« Respectueusement libérez mes attributions pour que je sois totalement impliqué dans la gestion de la Province car, on nous a placé ensemble pour mettre notre intelligence, nos capacités, nos compétences pour produire les résultats et atteindre les attentes de la population qui nous a donné ce mandat… Il est temps pour nous de récupérer notre situation en mains et surtout que le Chef de l’État s’est investi sur la stabilité des institutions à tous les niveaux et cela pour ne pas ternir l’image de notre province », insiste-t-il.
Il sied cependant de souligner qu’outre la querelle de leadership entre les deux dirigeants, c’est la gouvernance même de la province qui est en jeu. Alors que la province fait face à de multiples défis socio-économiques , l’opinion publique s’interroge désormais sur la capacité de l’exécutif à accorder ses violons pour se concentrer sur les priorités des administrés.
John Kadima


