Mbuji-Mayi, nouvelle ville cuprifère : le géologue Felly Mpiana Wa Cibangu plaide pour une industrialisation du Kasaï-Oriental
La ville de Mbuji-Mayi pourrait progressivement devenir un nouveau centre stratégique de l’industrie du cuivre en République démocratique du Congo. C’est l’analyse du géologue congolais Felly Mpiana Wa Cibangu, ressortissant de l’Université Officielle de Mbuji-Mayi et actuellement actif dans les entreprises minières du Haut-Katanga.
Selon cet expert en cuivre et cobalt, les gisements découverts dans les territoires de Miabi et Kabeya Kamwanga ouvrent d’importantes perspectives économiques pour le Kasaï-Oriental ainsi que pour toute la RDC.
Le projet minier, porté par China Railway Resources Universal Limited, pourrait produire jusqu’à 500 000 tonnes de cuivre par an, plaçant progressivement cette province parmi les nouvelles zones minières majeures du pays.
Une opportunité pour les jeunes expérimentés du Katanga et du Grand Kasaï
Pour le géologue Felly Mpiana Wa Cibangu, cette nouvelle dynamique minière représente également une opportunité professionnelle importante pour les jeunes déjà expérimentés dans le secteur cuprifère, particulièrement ceux issus du Grand Katanga et du Grand Kasaï.
« Mbuji-Mayi pourrait devenir une nouvelle ville cuprifère et diamantifère capable d’attirer plusieurs compétences minières nationales », estime-t-il.
Le défi majeur de l’électricité
L’expert rappelle cependant que le développement de l’industrie du cuivre dépend fortement de la disponibilité de l’énergie électrique.
« L’extraction, le broyage, la flottation, la fusion ainsi que la production des cathodes nécessitent une alimentation électrique stable et continue », explique-t-il.
Dans cette logique, il plaide pour qu’une partie de l’électricité produite par Barrage d’Inga II soit orientée vers le Kasaï-Oriental afin d’accompagner le développement industriel de cette région, en attendant la mise en place du futur centre énergétique local prévu dans le projet.
Plaidoyer pour la transformation locale du cuivre
Au-delà de l’exploitation minière, le géologue congolais insiste sur la nécessité pour la RDC de transformer localement ses minerais plutôt que de continuer à exporter du cuivre brut.
Selon lui, cette orientation permettrait notamment :
-la création d’usines de transformation ;
-la création d’emplois qualifiés ;
-le développement des compétences techniques locales ;
-l’augmentation des recettes fiscales ;
-l’industrialisation du Kasaï-Oriental.
« Le véritable développement commence lorsque les ressources naturelles sont transformées localement et deviennent un moteur de l’industrie nationale », soutient-il.
Moderniser la carte géologique de la RDC
Ce spécialiste invite également les autorités congolaises à moderniser la carte géologique nationale afin de mieux identifier les richesses du sous-sol congolais et mieux organiser la politique minière du pays.
Il rappelle que plusieurs recherches géologiques actuellement utilisées remontent encore à la période coloniale belge, entre 1912 et les années 1980.
« Plusieurs régions avaient été peu étudiées ou considérées comme secondaires. Aujourd’hui, l’évolution de l’industrie minière impose une actualisation des données géologiques nationales », indique-t-il.
Une richesse connue depuis longtemps
Selon Felly Mpiana Wa Cibangu, la présence du cuivre dans le Kasaï-Oriental n’est pas une découverte récente. Les populations locales connaissaient déjà cette richesse à travers la fabrication artisanale de bracelets en cuivre rouge.
Pour cet expert, cette ressource pourrait désormais devenir un véritable levier de développement économique pour la RDC, à condition de réunir plusieurs facteurs essentiels :
-la disponibilité de l’électricité ;
-le développement des infrastructures ;
-la transformation locale du cuivre ;
-une meilleure connaissance géologique du pays.
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