Kasaï-Oriental : Serge Kamukonzu nie toute bagarre et accuse Henri Kapinga d’avoir provoqué les incidents en plénière

 Kasaï-Oriental : Serge Kamukonzu nie toute bagarre et accuse Henri Kapinga d’avoir provoqué les incidents en plénière

Le député provincial Serge Kamukonzu a rejeté les accusations faisant état d’une altercation physique avec certains de ses collègues lors de la plénière agitée tenue vendredi 5 juin 2026 à l’Assemblée provinciale du Kasaï-Oriental. Lors d’une mise au point faite le samedi 6 juin 2026, après les incidents, l’élu provincial a livré sa version des faits et expliqué les circonstances ayant conduit à la suspension des travaux.

Selon lui, les tensions sont nées autour de la résolution portant création d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’évaluer le programme d’action du Gouvernement provincial et de contrôler l’exécution des budgets de la province pour la période allant de mai 2025 à ce jour.

Serge Kamukonzu affirme avoir soulevé une motion incidentielle qu’il qualifie de fin de non-recevoir, estimant qu’un contrôle général de cette ampleur ne pouvait être mené efficacement à quelques jours de la clôture de la session parlementaire.

« Est-ce qu’au regard du temps qui nous reste et des exigences réglementaires, nous pouvons faire un contrôle parlementaire efficace susceptible de proposer des pistes de redressement de notre gouvernance ? C’est la question fondamentale. Le contrôle général dont il est question ici devait également s’étendre à la mairie, qui continue à gérer des fonds publics sans organe délibérant, ainsi qu’à la DGRKOR, qui n’a jamais fait l’objet d’un contrôle général », a-t-il déclaré.

Il explique qu’après plusieurs interventions contradictoires, sa motion a été soumise au vote et finalement adoptée par la plénière. Cette décision a entraîné le départ de quatre députés de l’hémicycle.

« Quatre voix ayant été entendues, on a soumis la recevabilité de la motion au vote. La motion est passée. Quatre députés mécontents se sont levés et ont quitté la salle. Il s’agit de l’honorable Eugénie Tshilanda Kazadi, de l’honorable Henri Kapinga Kabwe, de l’honorable Kabundi Mabika Alfred et de l’honorable Christian Ngandu Katumba. Ils ont boycotté les travaux. Mais nous avons estimé que la plénière devait se poursuivre », a-t-il ajouté.

La séance s’est ensuite poursuivie avec les explications du vice-président de l’Assemblée provinciale. C’est à ce stade que Serge Kamukonzu affirme avoir exprimé son désaccord avec la qualification donnée à la mission de contrôle envisagée.

Le député Ngoyi Kamukonzu et le VP de l’Assemblée Provinciale, Jean Paul Mboma

« Curieusement, le vice-président m’a répondu qu’il s’agissait d’un contrôle spécifique. Mais comment peut-on parler de contrôle spécifique ? En quoi réside sa spécificité ? J’ai alors estimé qu’il faisait preuve d’une incompétence notoire. Étant chargé du contrôle parlementaire, il ne peut pas présenter un contrôle général comme un contrôle spécifique. J’ai demandé aux députés de m’appuyer afin qu’il quitte le perchoir, car il faisait preuve de légèreté dans un dossier aussi important », a-t-il expliqué.

C’est à la suite de cette intervention que les députés ayant quitté la salle ont regagné l’hémicycle, provoquant une vive tension dans la plénière. Serge Kamukonzu accuse particulièrement le député Henri Kapinga Kabwe d’être à l’origine des incidents ayant perturbé les travaux.

Les députés provinciaux, Ngoyi Kamukonzu et Henri Kapinga

« L’honorable Henri Kapinga, que je cite nommément, a renversé le lutrin alors que l’honorable Faustin s’exprimait. Je lui ai rappelé qu’on ne pouvait pas en venir aux mains. Le Parlement, c’est le verbe. Si vous avez un contre-argument, présentez-le et les députés apprécieront. On répond à un argument par un contre-argument, pas par la violence », a-t-il déclaré.

Face à la dégradation du climat dans l’hémicycle, le président de l’Assemblée provinciale a suspendu la séance afin d’éviter tout débordement supplémentaire.

Revenant sur les rumeurs circulant après les incidents, Serge Ngoyi Kamukonzu a catégoriquement nié toute implication dans une quelconque altercation physique.

« Je n’ai jamais levé la main sur un député », a-t-il insisté, rejetant les accusations portées contre lui et affirmant avoir privilégié le débat parlementaire tout au long des échanges.

Jonathan Madika

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