Mbujimayi : John Kayemba accuse Jeannine Mamba de non-paiement et réclame 10.820 USD de frais de prestation

 Mbujimayi : John Kayemba accuse Jeannine Mamba de non-paiement et réclame 10.820 USD de frais de prestation

À Mbujimayi, une collaboration engagée autour de la réalisation d’un complexe commercial dans la commune de Diulu est aujourd’hui au cœur d’un contentieux opposant John Kayemba Wa Ilunga à Jeannine Mamba Kaya, promotrice de JMK Groupe Services. Alors que le premier réclame le paiement de 10 820 dollars américains, qu’il présente comme la contrepartie de ses prestations, la seconde rejette cette créance et affirme que le différend trouve son origine dans des irrégularités qu’elle dit avoir constatées au cours de l’exécution du chantier. Les deux parties indiquent avoir saisi la justice.

Une collaboration née d’un projet de construction

Dans un entretien accordé à Etoilenews.net, John Kayemba explique avoir été contacté en juillet 2025 afin d’assurer le suivi d’un projet de construction d’un complexe commercial à Mbujimayi. Selon lui, sa mission consistait à accompagner l’exécution des travaux depuis les fondations jusqu’à l’achèvement de l’ouvrage.

Il affirme avoir également accompli plusieurs tâches complémentaires, notamment l’achat de matériaux de construction, des démarches administratives et foncières, des déplacements à Mwene-Ditu pour des opérations liées au projet ainsi que l’organisation de voyages à Kinshasa pour certaines personnes appelées à intervenir dans les futures activités de l’établissement.

Selon sa version, il s’agissait d’un contrat de prestation de services dont la rémunération devait être calculée à la fin du chantier.

Une créance de 10 820 dollars revendiquée

John Kayemba soutient qu’il avait été convenu avec Jeannine Mamba Kaya qu’il percevait une rémunération représentant 30 % de la valeur de ses prestations. D’après lui, ce montant s’élève à 10 820 dollars américains.

Ce affirme avoir évoqué cette question à plusieurs reprises durant l’exécution des travaux et soutient qu’il lui était constamment répondu que son paiement interviendrait après l’achèvement du projet.

Aujourd’hui, alors que le complexe est inauguré et que les activités ont démarré, il estime que son dû n’a jamais été honoré.

Estimant avoir épuisé les démarches amiables, il indique avoir porté l’affaire devant le parquet afin d’obtenir le paiement de cette créance.

Des documents fonciers au centre du différend

Le litige ne porte pas uniquement sur la rémunération.

John Kayemba explique avoir été mandaté pour effectuer certaines démarches foncières, notamment l’acquisition d’une parcelle à Mwene-Ditu pour le compte de l’entrepreneure.

Il affirme avoir conservé les documents relatifs à cette propriété avant de les consigner auprès du parquet, estimant que cette démarche permettait de préserver ses droits dans le cadre de la procédure engagée.

Il assure ne plus détenir personnellement ces documents, ceux-ci étant, selon lui, déposés entre les mains de la justice.

Un sentiment d’insécurité exprimé

Au cours de son témoignage, John Kayembe affirme vivre une situation d’insécurité depuis le début du différend.

Il déclare que plusieurs personnes se seraient présentées à son domicile pour réclamer les documents fonciers et sollicite l’implication des autorités provinciales afin, dit-il, de garantir sa sécurité et de favoriser le règlement de ce dossier.

Jeannine Mamba Kaya rejette toute dette

Jointe par Etoilenews.net, Jeannine Mamba Kaya livre une version sensiblement différente des faits.

Elle confirme avoir confié à John Kayembe certaines responsabilités dans le cadre du chantier, notamment le suivi de plusieurs opérations et des achats liés à la construction.

En revanche, elle conteste catégoriquement l’existence d’un accord prévoyant le paiement de 10 820 dollars ou d’une rémunération correspondant à 30 % de la valeur du projet.

Selon elle, aucun contrat écrit ni engagement verbal n’a jamais fixé une telle rémunération.

Elle explique avoir régulièrement envoyé de l’argent à John Kayembe pour ses interventions et ses déplacements durant toute la durée du chantier.

La promesse d’un emploi plutôt qu’un pourcentage

L’entrepreneure affirme que la principale garantie donnée à John Kayembe était la perspective d’intégrer durablement JMK Services après l’achèvement des travaux.

Selon elle, il était appelé à poursuivre l’aventure au sein de l’entreprise une fois le complexe officiellement ouvert au public.

Elle soutient toutefois avoir renoncé à ce projet après avoir relevé, selon ses déclarations, plusieurs anomalies dans la gestion de certaines dépenses liées au chantier.

Une rupture née d’une perte de confiance

Jeannine Mamba Kaya explique avoir progressivement retiré à John Kayembe certaines responsabilités, notamment les achats de matériaux.

Selon elle, cette décision est intervenue après avoir constaté des irrégularités qu’elle dit avoir ensuite signalées à la justice.

Elle affirme lui avoir proposé de poursuivre uniquement la supervision quotidienne des travaux jusqu’à leur achèvement, en attendant l’ouverture officielle de l’entreprise.

Toujours selon sa version, John Kayembe aurait refusé cette nouvelle organisation avant de quitter le chantier.

Des plaintes réciproques devant la justice

Les deux protagonistes reconnaissent que plusieurs procédures judiciaires sont en cours.

John Kayembe affirme avoir saisi le parquet afin d’obtenir le paiement de ses prestations.

Pour sa part, Jeannine Mamba Kaya indique avoir également porté plainte à la suite des faits qu’elle reproche à son ancien collaborateur.

Les deux parties livrent toutefois des versions divergentes sur le déroulement de la procédure, notamment en ce qui concerne les convocations, les confrontations et l’état d’avancement du dossier.

Un complexe désormais en activité

Malgré ce différend, le complexe construit à Mbujimayi est aujourd’hui opérationnel sous l’enseigne JMK Services.

Il est situé dans la commune de Diulu, au quartier Masanka, sur l’avenue du Marché, en diagonale du Gouvernorat du Kasaï Oriental.

Une affaire dont l’issue dépend désormais de la justice

Au terme des entretiens accordés à Etoilenews.net, il apparaît que les deux parties s’accordent sur l’existence de leur collaboration et sur le fait que le dossier est désormais pendant devant les juridictions compétentes. En revanche, elles divergent profondément sur la nature des engagements pris au départ, sur les conditions de rupture de leur collaboration ainsi que sur les responsabilités respectives dans ce différend.

À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue. Les déclarations rapportées dans cet article reflètent les positions respectives des deux parties en conflit
Il appartiendra à la justice d’examiner les éléments produits par chacune des parties et de déterminer les responsabilités éventuelles.

Jonathan Madika

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