RDC : favorable au référendum, le Chef de la maison Civile du Chef de l’État soutient une Constitution rédigée par les Congolais
Au terme de sa mission officielle dans les provinces de la Lomami et du Kasaï-Oriental, le chef de la Maison civile du Chef de l’État, Bruno Miteyo Nyenge, a animé samedi un point de presse à sa résidence privée de Mbuji-Mayi. Il est revenu sur le débat autour de la Constitution, du référendum et de la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Devant la presse, il a indiqué avoir profité de son séjour dans le Grand Kasaï pour sensibiliser les populations sur les enjeux d’une éventuelle réforme constitutionnelle, qu’il présente comme une question liée à la souveraineté nationale et à la gouvernance du pays.
« Nous avons essayé d’expliquer à la population que la Constitution est la loi fondamentale. Au-delà de l’aspect politique, c’est un outil de direction de notre pays, un instrument de grande gouvernance qui balise l’avenir. C’est un texte auquel toutes les institutions doivent se référer afin de garantir la paix, la solidarité, la sécurité et permettre aux hommes et aux femmes de vivre dignement, d’envoyer leurs enfants à l’école, d’accéder aux soins de santé, à un bon logement et à une alimentation convenable. Cependant, la loi fondamentale telle qu’elle existe aujourd’hui pose, selon une partie de la population, un certain nombre de problèmes, tandis qu’une autre partie, notamment l’opposition, considère qu’il ne faut en aucun cas y toucher », a déclaré Bruno Miteyo Nyenge.
Abordant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, le chef de la Maison civile a soutenu que les conflits persistants depuis plusieurs décennies seraient alimentés par des influences étrangères. Il a également lié cette lecture au débat sur la Constitution de 2006.
« Depuis plus de trente ans, la guerre qui frappe l’Est de notre pays nous est imposée par l’étranger. Nous connaissons les acteurs, notamment le Rwanda et l’Ouganda, mais derrière eux, il y a des puissances occidentales. Ces puissances sont, selon cette analyse, celles qui ont rédigé la Constitution de 2006 à Liège, en Belgique, avant son adoption par référendum en République démocratique du Congo. Cette Constitution aurait été conçue pour affaiblir l’État congolais, empêcher le renforcement du pouvoir central et maintenir le pays dans une situation de dépendance », a-t-il affirmé.
Dans ce contexte, Bruno Miteyo Nyenge a estimé que la réflexion engagée par le Chef de l’État vise à doter la RDC d’un nouveau cadre constitutionnel adapté aux réalités nationales. Il a invité les populations à suivre ce débat avec attention et à se préparer à un éventuel référendum en faisant un choix responsable.
« Aujourd’hui, le Chef de l’État estime que nous sommes un peuple souverain et que nous ne pouvons pas continuer à être régis par une Constitution qui aurait été dictée par l’étranger et qui ne correspondrait plus à nos réalités anthropologiques, culturelles et politiques. C’est dans cette logique qu’il est proposé d’engager une réflexion pour doter la République démocratique du Congo d’une nouvelle Constitution, rédigée par des Congolais, pour les Congolais. Si le peuple est appelé à se prononcer par référendum, il devra effectuer un choix éclairé, tourné vers l’avenir et la souveraineté du pays », a-t-il souligné.
Cette communication est intervenue au terme d’une mission de travail dans le Grand Kasaï, au cours de laquelle le chef de la Maison civile du Chef de l’État a évalué plusieurs projets structurants. Il s’est notamment rendu sur les chantiers du pont de Tshidivuila sur la rivière Lubilanji, du Programme de développement agro-industriel de Ngandajika (PRODAN), du pont de Mpanda Mushilu, ainsi que sur les travaux de modernisation de la Route nationale n°2 (RN2) reliant Mbuji-Mayi à Kabinda.
Jonathan Madika


