Kasaï Oriental : la démarche du Conseil d’administration de la MIBA contre l’ADG Kabanda suscite la colère et fait craindre un sabotage du processus de relance

 Kasaï Oriental : la démarche du Conseil d’administration de la MIBA contre l’ADG Kabanda suscite la colère  et fait craindre un sabotage du processus de relance

La décision du Conseil d’administration de la Société Minière de Bakwanga (MIBA) de demander la suspension de l’Administrateur Directeur Général André Kabanda Kana passe très mal auprès d’une large partie du personnel. Pour les travailleurs et retraités qui suivent de près l’évolution de l’entreprise, cette initiative intervient au moment où la MIBA commençait enfin à sortir de plusieurs années d’immobilisme.

Au sein de la société, cette démarche est considérée comme un coup porté à une dynamique de relance qui avait commencé à produire ses premiers effets. Plusieurs voix estiment qu’au lieu d’accompagner les efforts engagés, le Conseil d’administration risque de replonger la MIBA dans une nouvelle période d’incertitude.

Cette réaction intervient après les accusations formulées contre André Kabanda Kana par le Conseil d’administration, notamment sur la gestion des deux millions de dollars issus de la créance de la MIBA sur l’État, des décisions administratives contestées et la situation de la production.

Mais pour Rigobert Tshunza, retraité de la MIBA, cette lecture ne tient pas compte de la réalité héritée par la Direction générale. Selon lui, André Kabanda est arrivé à la tête d’une entreprise pratiquement paralysée, sans moyens suffisants pour assurer ses opérations.

« Quand Kabanda arrive, la société est complètement à l’arrêt. Avec une partie de la créance reconnue de la MIBA, environ deux millions de dollars ont permis de remettre l’entreprise en mouvement. Le transport des travailleurs a été rétabli, des bennes, des pelles, un camion mazouteur et d’autres équipements ont été acquis. C’est à partir de là qu’il y a eu un semblant de vie à la MIBA », affirme Rigobert Tshunza.

Pour cet ancien agent, ces réalisations ont constitué un préalable indispensable à toute relance. Il estime qu’une entreprise incapable de transporter ses travailleurs ou de disposer des équipements de base ne pouvait prétendre attirer des investisseurs.

Au-delà de la reprise des activités, Rigobert Tshunza met également en avant la gestion de la situation sociale. Il affirme que la direction Kabanda a permis de mettre fin au flou qui entourait la dette sociale de l’entreprise, notamment les arriérés envers les travailleurs, les obligations envers la CNSS et la situation des retraités.

« La dette sociale était devenue un problème sans chiffres précis. Le travail réalisé a permis de connaître ce que la MIBA devait aux travailleurs, à la CNSS et de poser les bases d’une solution pour les retraités », explique-t-il.

L’autre acquis majeur évoqué concerne le plan de relance industrielle. Selon Rigobert Tshunza, la Direction générale avait travaillé avec les techniciens de la MIBA pour élaborer un programme de redressement ayant conduit au projet d’installation d’une nouvelle laverie industrielle.

Ce projet, confié à une entreprise sud-africaine à l’issue d’une procédure d’appel d’offres, devait moderniser la production grâce à des équipements plus performants et sécurisés.

D’après le retraité, le dossier était déjà avancé, avec l’obtention de l’avis de non-objection et l’attente d’un financement de 50 millions de dollars annoncé par le gouvernement.

Pour les travailleurs favorables à la poursuite de cette dynamique, interrompre aujourd’hui le processus reviendrait à faire perdre à la MIBA un temps précieux.

« Après des années d’attente, la société commençait à retrouver de l’espoir. Une nouvelle transition à la tête de l’entreprise risque de retarder les projets et de remettre en cause les avancées enregistrées », soutiennent plusieurs voix au sein de la société.

Alors que le Conseil d’administration affirme agir dans l’intérêt de la MIBA à travers les griefs formulés contre le Directeur général, une partie importante du personnel considère, au contraire, que la priorité doit être la consolidation des acquis et l’aboutissement de la relance engagée sous André Kabanda Kana.


Jonathan Madika

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