Kasaï Oriental : la riposte de Kabanda impose une marche arrière au Gouvernement provincial, Mbwebwa retire son arrêté sur le réaménagement du quartier Kasaï, patrimoine foncier de la MIBA

 Kasaï Oriental : la riposte de Kabanda impose une marche arrière au Gouvernement provincial, Mbwebwa retire son arrêté sur le réaménagement du quartier Kasaï, patrimoine foncier de la MIBA

Le Gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, est revenu sur sa décision de réaménager une partie du quartier Kasaï, dans la commune de Kanshi, à Mbujimayi. L’arrêté provincial du 15 juin 2026, à l’origine de la controverse, a été officiellement rapporté par un nouvel arrêté signé le 28 juillet 2026 et rendu public par le porte-parole du Gouverneur de Province.

Dans ce nouvel arrêté, le gouverneur justifie sa décision par « l’impérieuse nécessité, pour des raisons évidentes d’équité, de justice et de paix durable », de rapporter intégralement son précédent arrêté portant sur le réaménagement de la partie du quartier Kasaï comprise entre le Guesthouse Lusambo et l’avenue de la Coopération.

Ce revirement intervient quelques jours après la ferme réaction du directeur général de la Société Minière de Bakwanga (MIBA SA), André Kabanda Kana. Dans une correspondance adressée à la ministre nationale des Affaires foncières, avec ampliation notamment au Président de la République, à la Première ministre et à plusieurs autres hautes autorités du pays, le numéro un de la MIBA s’était opposé farouchement au projet de réaménagement initié par le gouverneur du Kasaï-Oriental, dénonçant un « processus de lotissement irrégulier » visant les concessions de l’entreprise.

Dans cette lettre, André Kabanda Kana indiquait avoir appris, par voie des réseaux sociaux, l’existence de l’arrêté provincial du 15 juin 2026 ainsi que des actes pris pour son exécution. Après examen des documents obtenus, la direction générale de la MIBA avait conclu que le projet concernait exclusivement les parcelles résidentielles appartenant à l’entreprise dans la zone ciblée.

Estimant que cette initiative portait atteinte au patrimoine immobilier de la société, le directeur général avait sollicité l’intervention de la ministre nationale des Affaires foncières afin d’obtenir le retrait de l’arrêté provincial ainsi que des actes d’exécution pris par l’autorité provinciale.

Dans son argumentaire, André Kabanda Kana soutenait que l’opération dépassait le cadre d’un simple réaménagement urbain.

« En réalité, l’Autorité provinciale vise intentionnellement à morceler le patrimoine immobilier d’une entreprise du Portefeuille de l’État, en violation des dispositions légales en la matière et des statuts sociaux de la MIBA SA », écrivait-il.

Le directeur général estimait également que cette démarche risquait de favoriser la spoliation des concessions de la société, alors que les autorités provinciales ont, selon lui, la responsabilité d’en assurer la protection.

« Nous dénonçons cet acte car c’est l’Autorité provinciale qui est censée protéger le patrimoine foncier de l’État à la MIBA SA contre toute occupation illégale, qui ouvre la porte aux personnes qui spolient les concessions foncières de la Société et ce, contre la volonté de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, celle de voir la MIBA SA reprendre ses activités minières », poursuit la correspondance.

Sans faire explicitement référence à cette dénonciation, le nouvel arrêté signé le 28 juillet 2026 rapporte intégralement celui du 15 juin 2026. Ce retrait constitue un revers administratif pour le gouvernement provincial et une victoire pour la direction générale de la MIBA, qui avait engagé une contestation ferme pour défendre le patrimoine foncier de l’entreprise publique.

Il sied de noter que le dossier du quartier Kasaï se clôt ainsi provisoirement sur un recul de l’autorité provinciale, après un bras de fer marqué par l’opposition de la MIBA au projet de réaménagement d’une partie de ses concessions.


Madika Tshionyi Jonathan

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