Kasaï Oriental : la colère s’intensifie à la MIBA, deuxième sit-in, activités paralysées et pneus brûlés pour réclamer huit mois de forfaits impayés et la vérité sur les 50 millions de la relance

 Kasaï Oriental : la colère s’intensifie à la MIBA, deuxième sit-in, activités paralysées et pneus brûlés pour réclamer huit mois de forfaits impayés et la vérité sur les 50 millions de la relance

La contestation prend de l’ampleur à la Société minière de Bakwanga (MIBA). Après le sit-in organisé mardi à la Direction générale, les travailleurs ont de nouveau paralysé les activités ce vendredi 14 août 2026. Cette fois, la mobilisation s’est déroulée à Buzala, les principales voies d’accès et de sortie du Polygone, site d’exploitation du diamant. Des pneus ont été brûlés au cours de cette nouvelle action de protestation.

À l’initiative du Bureau syndical national (BSN), les travailleurs de la MIBA ont répondu une nouvelle fois au mot d’ordre syndical. Rassemblés à la porte de Buzala, ils ont observé un deuxième sit-in en l’espace de quatre jours, entraînant l’interruption des activités sur le site et, selon les travailleurs, dans plusieurs services de l’entreprise durant toute la journée.

Le paiement de huit mois de forfaits impayés, de janvier à août 2026, ainsi que la relance effective de la société sont au cœur de cette mobilisation. Les travailleurs réclament notamment des éclaircissements sur les 50 millions de dollars annoncés pour accompagner la relance de la société par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Pour les agents, ces revendications deviennent urgentes face à la dégradation de leurs conditions sociales. À ces huit mois de forfaits s’ajoutent, selon le Bureau syndical national, plus de 200 mois d’arriérés de salaires historiques.

Mohamed Febatare Ntumba, président du Bureau syndical national, affirme que les actions vont se poursuivre tant que les travailleurs n’auront pas obtenu de réponses concrètes.

« Tant qu’on n’a pas payé, tant qu’on n’a pas vu la relance effective, nous continuons nos actions. Bien qu’en intermittence, c’est pour écouter et savoir si nos autorités nous ont entendus. Nous avons besoin de nos huit mois de paiement, de janvier jusqu’au mois d’août, et aussi de la relance effective de notre société », a-t-il fait savoir.

Les huit mois de forfaits actuellement réclamés ne représentent qu’une partie de la dette salariale dénoncée par les travailleurs. Le Bureau syndical national évoque plus de 200 mois d’arriérés de salaires.

Selon le syndicat, ces anciens arriérés ont été mis en attente dans le contexte des efforts annoncés pour relancer l’entreprise. Les agents souhaitent désormais que leurs rémunérations courantes soient régulièrement prises en charge.

« Nous avons dit que nous avons plus de 200 mois en frigo. Le gouvernement s’est concentré sur la relance qui ne vient toujours pas. Nous réclamons donc l’argent de janvier, février jusqu’au mois d’août. Pour le reste, une fois que la société sera relancée, nous reviendrons à la charge pour voir de quelle manière nous allons être payés », explique Mohamed Febatare Ntumba.

Marquée par la combustion de pneus à la porte de Buzala, la mobilisation de ce vendredi illustre la montée de la colère des travailleurs

Le Bureau syndical national prévient que d’autres actions pourraient être organisées si aucune réponse satisfaisante n’est apportée aux revendications.

Après deux sit-in en quelques jours, la pression s’accentue donc sur les autorités et la direction de la MIBA. Les travailleurs attendent désormais des réponses sur le paiement de leurs forfaits, le lourd passif salarial historique et surtout la concrétisation de la relance annoncée de la société.

Madika Tshionyi Jonathan

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