Ordination des femmes dans l’Église Néo-Apostolique : le tour de Mbujimayi annoncé en décembre, Fréddy Kabuya dénonce une dérive qui menace la crédibilité de l’Église

 Ordination des femmes dans l’Église Néo-Apostolique : le tour de Mbujimayi annoncé en décembre, Fréddy Kabuya dénonce une dérive qui menace la crédibilité de l’Église

L’ordination des femmes au sein de l’Église Néo-Apostolique ne fait pas l’unanimité parmi les responsables et bergers de cette confession religieuse. Alors que cette pratique est progressivement mise en œuvre, certaines voix continuent de s’y opposer, à l’image de Fréddy Kabuya, prêtre de l’Église Néo-Apostolique.

Dans sa deuxième tribune consacrée à cette question, Fréddy Kabuya durcit le ton et s’interroge sur l’évolution des positions défendues au sein de l’Église, notamment à la lumière des événements observés à Lubumbashi.

Partant de ce qu’il présente comme des arguments autrefois avancés pour rassurer les fidèles, le prêtre relève plusieurs contradictions. Il rappelle notamment qu’il était soutenu que l’ordination des femmes ne pourrait intervenir qu’à la demande explicite des communautés locales. Or, selon lui, le cas de Lubumbashi remet aujourd’hui cette affirmation en question.

«« Cela ne se fera qu’à la demande explicite des communautés locales. Mais où en sommes-nous aujourd’hui, au vu du cas évocateur de Lubumbashi ? Aucune demande n’a été faite, seule l’imposition ? Chez nous, ce sera catégoriquement impossible pour qu’elles soient ordonnées et invitées à l’autel. L’expérience de Lubumbashi avec l’ordination de la diaconesse par l’APD et l’invitation de celle-ci à l’autel par l’ARC Ntanga viennent pourtant contredire ces certitudes », écrit-il.»

Fréddy Kabuya estime également que le discours autour de la doctrine connaît une évolution. Alors que l’idée d’une doctrine immuable était, selon lui, régulièrement avancée, il constate désormais que des versets bibliques sont mobilisés pour soutenir cette nouvelle pratique.

C’est dans ce contexte que le prêtre évoque directement Mbujimayi, où il envisage la possibilité d’une nouvelle étape lors du service divin prévu en décembre. Il invite ainsi les fidèles et les responsables à s’interroger sur leur réaction face à une éventuelle ordination de femmes dans la capitale du Kasaï-Oriental.

«« Si des femmes venaient à être ordonnées à Mbujimayi avec le service divin de décembre, continuerions-nous à chercher des prétextes pour défendre notre position, ou admettrions-nous enfin qu’il s’agit d’une dérive comme évoquée dans la première tribune ? À cela s’ajoute une question statutaire cruciale : si les statuts de l’Église Néo-Apostolique stipulent que seuls l’Apôtre-Patriarche, les Apôtres de district et les Apôtres sont juridiquement les membres reconnus de l’Église, quelle est alors notre véritable place ? Toi prêtre, toi diacre, ou toi notre sœur : qui sommes-nous réellement au sein de cette organisation ? »»

Au-delà de la question de l’ordination des femmes, cette deuxième tribune soulève ainsi des interrogations sur la cohérence doctrinale, la manière dont les nouvelles orientations sont mises en œuvre et la place accordée aux différents membres de l’Église dans les processus de décision.

Pour Fréddy Kabuya, l’enjeu ne se limite donc pas à l’ordination des femmes. Il interroge également la prise en compte du point de vue des communautés, la cohérence entre les positions autrefois défendues et les pratiques actuelles, ainsi que les conséquences de ces changements sur la crédibilité de l’Église.

Cette nouvelle prise de position intervient après une première tribune dans laquelle Fréddy Kabuya s’était déjà fermement opposé à l’ordination des femmes dans l’Église Néo-Apostolique. Il y dénonçait notamment ce qu’il considérait comme une rupture avec la doctrine jusque-là établie en RDC et une évolution qu’il jugeait contraire à sa compréhension des enseignements bibliques.

Avec cette deuxième sortie, le prêtre poursuit donc son interpellation interne et appelle à une réflexion sur les changements en cours, leur légitimité, leur acceptation par les communautés et l’avenir de la doctrine au sein de l’Église Néo-Apostolique.

Rédaction

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