RDC–Israël : Félix Tshisekedi à Jérusalem pour consolider un rapprochement engagé depuis 2019

 RDC–Israël : Félix Tshisekedi à Jérusalem pour consolider un rapprochement engagé depuis 2019

Le Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est arrivé ce lundi 31 août 2026 en Israël, à l’invitation de son homologue Isaac Herzog, pour une visite de travail consacrée au renforcement des relations entre Kinshasa et Tel-Aviv.

À Jérusalem, le Chef de l’État congolais doit s’entretenir avec le Président Isaac Herzog ainsi qu’avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Les échanges devraient porter notamment sur la sécurité, la défense, l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, les hautes technologies et les investissements.

Cette visite constitue une nouvelle étape dans le rapprochement diplomatique engagé sous Félix Tshisekedi. Dès mars 2020, le Président congolais avait annoncé sa volonté de porter les relations entre les deux pays à un niveau plus élevé, notamment avec la nomination d’un ambassadeur de la RDC en Israël et l’ouverture d’une section économique à Jérusalem. Cette orientation marquait la volonté de Kinshasa de renforcer non seulement les relations politiques avec Tel-Aviv, mais aussi les échanges économiques et commerciaux.

Le rapprochement s’est poursuivi au fil des années. En septembre 2023, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, Félix Tshisekedi avait rencontré Benjamin Netanyahu. À cette occasion, le Premier ministre israélien avait annoncé la volonté d’Israël d’ouvrir une ambassade à Kinshasa, tandis que le Président congolais avait annoncé son intention de déplacer l’ambassade de la RDC de Tel-Aviv vers Jérusalem, sous réserve de l’ouverture de l’ambassade israélienne en RDC. Les deux dirigeants avaient présenté ces décisions comme un geste destiné à donner un nouvel élan aux relations bilatérales.

La coopération s’est également élargie à des secteurs directement liés aux priorités de développement de la RDC. Kinshasa s’intéresse notamment à l’expertise israélienne dans l’agriculture, l’irrigation, la gestion de l’eau, les technologies, l’énergie, les infrastructures, la santé et la sécurité. Pour la RDC, qui dispose d’un immense potentiel agricole mais reste confrontée à des difficultés de productivité et de transformation, l’expérience israélienne dans les technologies agricoles et la gestion de l’eau constitue un domaine de coopération particulièrement important.

La sécurité occupe également une place centrale dans ce rapprochement. Alors que la RDC fait face à une crise persistante dans l’Est du pays, Kinshasa cherche à renforcer ses capacités dans les domaines de la surveillance, de la protection des infrastructures et des technologies sécuritaires. La coopération avec Israël est ainsi envisagée comme l’un des moyens permettant à la RDC d’accéder à certaines expertises et technologies adaptées à ses besoins.

Le volet économique constitue un autre axe majeur. Sous Félix Tshisekedi, Kinshasa cherche à attirer davantage d’investisseurs israéliens dans les secteurs minier, agricole, énergétique, technologique et infrastructurel. La RDC dispose d’importantes ressources naturelles et d’un vaste marché, tandis qu’Israël possède un secteur technologique développé et une expertise dans plusieurs domaines de pointe. L’objectif affiché est de transformer ces complémentarités en partenariats économiques et industriels.

Cette dynamique a connu une étape importante le 11 novembre 2025 avec la visite du Président Isaac Herzog à Kinshasa. Il s’agissait de sa première visite en RDC en tant que Chef de l’État israélien, près de quarante ans après la visite de son père, Chaim Herzog, en République démocratique du Congo. Félix Tshisekedi avait alors reçu son homologue israélien et réaffirmé sa volonté de faire entrer la coopération entre les deux pays dans une nouvelle ère.

Lors de cette visite, les deux présidents avaient notamment évoqué le renforcement de la coopération diplomatique, politique, sécuritaire, agricole, infrastructurelle et technologique. Félix Tshisekedi avait également insisté sur les opportunités que la RDC offre aux entreprises israéliennes dans les mines, l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, la science, l’éducation et la santé.

La visite d’Isaac Herzog à Kinshasa avait ainsi été présentée comme une étape importante dans la relance des relations bilatérales. Elle avait surtout permis aux deux parties de passer d’un rapprochement politique à la recherche de projets et d’engagements concrets. Des discussions devaient notamment se poursuivre entre les deux gouvernements afin de définir les modalités de matérialisation de cette coopération.

Le déplacement de Félix Tshisekedi à Jérusalem intervient donc dans la continuité directe de cette dynamique. Après avoir reçu Isaac Herzog à Kinshasa en 2025, le Chef de l’État congolais se rend à son tour en Israël pour approfondir les échanges avec les autorités israéliennes.

Au-delà du caractère diplomatique de cette visite, Kinshasa entend obtenir des résultats dans des secteurs considérés comme stratégiques pour le pays : renforcer la coopération sécuritaire, développer l’agriculture et la gestion de l’eau, attirer les investissements, améliorer les infrastructures, développer les nouvelles technologies et explorer de nouvelles possibilités dans l’énergie et les mines.

Il sied de noter que sous, Félix Tshisekedi, les relations RDC-Israël ont donc progressivement pris une dimension plus politique, économique, sécuritaire et technologique. Le déplacement de ce 31 août 2026 apparaît comme une nouvelle étape de ce rapprochement, avec pour principal enjeu de transformer les engagements politiques accumulés depuis 2019 en partenariats et projets concrets au bénéfice des deux pays.

Madika Tshionyi Jonathan

Laisser un commentaire