Inondations à Kinshasa : 33 morts, plus de 200 ménages touchés, des anciens sites de la Francophonie mobilisés pour accueillir les sinistrés
Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, a été durement frappée par des pluies torrentielles dans la nuit du 4 au 5 avril 2025. Le bilan provisoire, communiqué par Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, fait état de 33 morts, 46 blessés hospitalisés, et 75 familles déplacées, actuellement hébergées au centre de Kimwenza.
« En date du 5 avril 2025 : 23 décès, 46 personnes hospitalisées et plusieurs maisons emportées dans les communes de Mont-Ngafula, Ngaliema et Barumbu, ainsi qu’une interruption de l’approvisionnement en eau potable dans certains quartiers de Kinshasa. En date du 6 avril 2025 : 10 décès supplémentaires, plus de 200 ménages inondés dans les communes de Limete, Matete et Masina, et une interruption du trafic routier pendant une journée sur le boulevard Lumumba, au niveau du pont N’Djili », précise le communiqué.
Le gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, a confirmé ces chiffres lors d’une conférence de presse, tout en lançant un appel pressant à la vigilance de la population.
« Des solutions sont déjà mises en œuvre. Nous procédons à l’évacuation des sinistrés, y compris des enfants et des femmes enceintes. La situation est sous contrôle, mais certaines familles ont été gravement touchées », a-t-il affirmé, exhortant les habitants à éviter les zones à risque pour prévenir de nouvelles pertes en vies humaines.
Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités ont décidé d’installer temporairement les sinistrés sur les anciens sites de la Francophonie, situés à l’intérieur des terrains Tata Raphaël. Trois autres centres d’accueil sont également opérationnels : l’Institut Lumumba (115 familles), Kitomesa à N’Djili (100 familles) et Kimwenza (70 familles).
Cette mesure vise à fournir un abri d’urgence aux familles affectées, en attendant des solutions plus durables. Les sites d’accueil disposent d’un minimum d’infrastructures pour assurer les premières prises en charge.
Parallèlement, une Cellule de gestion de crise a été activée, sous la coordination du ministère de l’Intérieur, avec l’appui des ministères des Infrastructures et Travaux Publics, des Finances, du Portefeuille, des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, ainsi que du gouvernement provincial. Les premières actions ont consisté en l’évacuation d’urgence et la mobilisation d’équipes pour fournir des abris temporaires, de l’aide alimentaire et des soins médicaux.
Les dégâts matériels sont considérables. Des quartiers entiers, comme Salongo et Ndanu dans la commune de Limete, sont sous les eaux. Tandis que certaines familles ont été évacuées vers les centres d’accueil, d’autres ont passé la nuit à la belle étoile, impuissantes face à la violence des flots.
Le gouverneur Daniel Bumba s’est rendu personnellement sur les lieux pour superviser les opérations de secours. Il a lancé un appel à la solidarité nationale, soulignant que la décrue avait commencé sur le boulevard Lumumba, artère essentielle de la capitale paralysée par le débordement de la rivière N’Djili.
Les autorités promettent de renforcer les interventions et de poursuivre l’évaluation des dégâts afin de répondre efficacement aux besoins des victimes.
Jonathan Madika


