Dialogue national en RDC : « Je ne crois pas qu’un dialogue au niveau de la classe politique puisse se réaliser avec la participation de Joseph Kabila » (Jacquemain Shabani)
L’ancien Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, comme membre de l’opposition, ne devrait pas participer au dialogue national prévu au niveau de la classe politique congolaise. C’est le vice-premier ministre de l’Intérieur et de la Sécurité de la RDC, Jacquemain Shabani Lukoo, qui l’a affirmé le mercredi 08 octobre 2025, sur les ondes de la RFI.
Selon le patron de l’Intérieur, il n’y a pas de place pour l’ex-chef de l’État dans ce processus politique. Il estime que Joseph Kabila a posé des actes jugés graves par l’opinion congolaise.
« Je ne crois pas qu’un dialogue au niveau de la classe politique congolaise ne se réalisera qu’avec la participation de Joseph Kabila. Monsieur Kabila, en tant qu’ancien Président, a commis des actes suffisamment graves aux yeux de l’opinion congolaise pour se permettre de participer à un dialogue. C’est la personne qui a pris l’initiative de mettre en place ou d’activer des groupes armés pour créer et organiser la terreur en République démocratique du Congo depuis plus de trois ans », a-t-il déclaré.
En sus, il a affirmé que l’ex Chef de l’État est à l’origine de l’activation du mouvement rebelle du M23, responsable de graves crises dans la partie orientale du pays.
« Cette activation, c’est elle qui est à la base du fait que les populations de la RDC, de la partie Est, ont quitté leurs villages, leurs territoires, ont vécu pendant plus de deux ans autour de la ville de Goma. On a enregistré près de six millions de déplacés internes qui vivaient dans des camps… ça c’est l’action d’un ancien président de la République. Une personne qui a bénéficié du suffrage de toute cette population, sans compter des morts », a-t-il ajouté.
Pour Jacquemin Shabani, le président honoraire ne peut se permettre de se retourner contre la République, étant donné qu’il bénéficie d’un statut particulier qui lui accorde certains privilèges, mais aussi des obligations de réserve.
Rappelons que Joseph Kabila a été condamné à mort le 30 septembre dernier, par contumace, par la Haute Cour militaire de Kinshasa. Il lui est reproché notamment la « trahison » et des « crimes de guerre ». Cette condamnation continue de susciter de vives réactions dans l’opinion. D’aucuns y voient justice, d’autres dénoncent une mascarade judiciaire.
John Kadima


