Discours sur l’état de la Nation : Félix Tshisekedi dénonce « l’entreprise de prédation » de l’AFC/M23 et trace une feuille de route en 4 points pour sortir de la crise

 Discours sur l’état de la Nation : Félix Tshisekedi dénonce « l’entreprise de prédation » de l’AFC/M23 et trace une feuille de route en 4 points pour sortir de la crise

Le président de la République, Félix Tshisekedi, a livré ce lundi 8 décembre 2025 son adresse sur l’état de la Nation devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès, au Palais du Peuple à Kinshasa.

Dans son speech , le Chef de l’État a d’emblée alerté sur la nouvelle progression de la coalition AFC/M23, soutenue par l’armée rwandaise. Il a dénoncé ce qu’il qualifie d’« entreprise organisée de prédation » marquée par de graves violations des droits humains.

« La coalition AFC/M23 (…) a déclenché une nouvelle offensive d’envergure, s’emparant de Goma et de Bukavu, et étendant son emprise sur de vastes portions du Nord et du Sud-Kivu », a déclaré Félix Tshisekedi. À l’en croire, cette offensive s’accompagne d’exécutions sommaires, de violences sexuelles et de déplacements forcés de populations.

En sus, il a réaffirmé que l’État reste déterminé à poursuivre ses efforts pour la sécurité et que aucune partie du territoire ne sera laissée à l’abandon.

« Tant qu’un seul village, tant qu’un seul quartier, tant qu’une seule colline restera sous la menace des armes illégales, je considérerai que notre tâche n’est pas achevée », a-t-il insisté.

Dans la foulée, Félix Tshisekedi a abordé les récents engagements diplomatiques conclus par Kinshasa et Kigali. Sur ce sujet, il a tenu à élucider leur portée, disant qu’ils ne remettent en cause ni la souveraineté nationale ni l’intégrité territoriale.

« Ces accords ne consacrent aucune forme de partage de notre souveraineté. Ils ne valident ni les prétentions territoriales de qui que ce soit, ni une tutelle sur nos ressources. Ils ne constituent pas une amnistie déguisée. La justice suivra son cours, avec rigueur », a-t-il affirmé.

Poursuivant son adresse , le Chef de l’État a décliné quatre priorités stratégiques pour la phase post-accords de Washington. Ces dernières, indique-t-il, visent notamment à assécher les réseaux de violence et à assurer un retour progressif de la sécurité et de la sérénité pour tous.

« Quatre priorités s’imposent désormais à notre action : obtenir le retrait total et vérifiable de toutes forces étrangères opérant sur notre territoire, qu’elles soient officielles ou dissimulées derrière des groupes relais ; couper les circuits financiers et logistiques de la violence, en éradiquant l’exploitation illicite de l’or, du coltan, du cobalt et d’autres ressources ainsi que la contrebande qui alimente ces réseaux ; assurer la protection effective des civils, en particulier des femmes et des enfants, et garantir l’accès humanitaire aux zones affectées ; et enfin, ancrer la paix dans la durée », a-t-il détaillé.

Il faut souligner que ce discours devant les deux Chambres est constitutionnel. Cette année il arrive dans un contexte particulier, marqué par la récente signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda . Il s’agit d’un texte qui en principe devrait mettre fin aux violences dans l’Est. Néanmoins sur le terrain, selon les FARDC , l’armée rwandaise et les combattants de l’AFC/M23 continuent de viser plusieurs localités congolaises avec de l’artillerie lourde.

John Kadima

Laisser un commentaire