RDC : l’opposition vent debout après les propos de Félix Tshisekedi sur un éventuel report des élections de 2028 et le spectre d’un troisième mandat

 RDC : l’opposition vent debout après les propos de Félix Tshisekedi sur un éventuel report des élections de 2028 et le spectre d’un troisième mandat

Les propos du président de la République, Félix Tshisekedi sur l’organisation des élections générales prévues en 2028 font couler beaucoup d’encre et de salive au sein de la classe politique congolaise. Alors que Félix Tshisekedi évoque un possible report du scrutin en raison du conflit armé dans l’Est du pays, plusieurs acteurs politiques dénoncent une dérive à caractère anticonstitutionnel.

Dans le camp de l’opposition, les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur son compte X, l’opposant congolais Seth Kikuni, a dénoncé une tentative de remise en cause du processus électoral. Il a même évoqué un recours à la force en cas de non-tenue des élections.

« Si Félix Tshisekedi menace de confisquer 2028 par la guerre, les oppositions (armée et non armée) n’auront qu’un seul chemin : franchir le Rubicon et jeter les dés », a-t-il déclaré.

Même son de cloche chez Delly Sesanga, qui accuse le chef de l’État de nourrir des ambitions pour un troisième mandat. De ce fait, il met en garde contre ce qu’il considère comme un recul démocratique.

« Être un homme d’État, c’est avoir le sens de l’Histoire et éviter à son pays de replonger dans les pratiques du passé qui ont conduit au chaos. Ces dérives, les fondateurs de l’UDPS les ont combattues hier ; nous les avons combattues ensemble, au prix de lourds sacrifices pour notre peuple. Une Nation ne se dirige pas par des discours, des promesses ou des plébiscites, mais par le respect de la parole donnée, des institutions et de la démocratie », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Francine Muyumba a dénoncé une priorité accordée, selon elle, à la conservation du pouvoir au détriment de la paix et de la stabilité.

« C’est clair, la paix n’est pas une priorité. La conservation du pouvoir paraît désormais primer, peu importe le prix politique, institutionnel ou humain que le peuple devra payer. C’est véritablement dommage pour une nation qui aspire avant tout à la stabilité, à l’unité nationale et à une paix durable », a-t-elle affirmé.

Pour sa part, Claudel Lubaya, parle d’une violation possible de la Constitution en cas de remise en cause des dispositions liées aux mandats présidentiels.

« Ni mission, ni troisième mandat. Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit. Notre loi fondamentale organise exclusivement les modalités de sa révision, et non celles de sa transgression, sous peine de haute trahison. Dès lors, invoquer une prétendue “volonté du peuple” pour justifier une intention frauduleuse n’est que duperie. Notre Constitution encadre strictement les modalités de sa révision (article 218) et consacre le devoir de sa protection (article 64). En outre, toute violation intentionnelle de ses dispositions, notamment par les autorités publiques, est susceptible de constituer une haute trahison au sens des articles 164 et 165, certaines dispositions étant expressément intangibles (article 220). Aucune justification politique ou populaire ne saurait en légitimer la remise en cause », a-t-il soutenu.

Il convient de souligner que ces prises de position font suite aux déclarations de Félix Tshisekedi lors d’une rencontre avec les médias à Kinshasa. Le chef de l’État y a subordonné l’organisation du processus électoral à un rétablissement de la paix dans la partie orientale du territoire. Il a par ailleurs réitéré sa disposition à discuter d’une éventuelle réforme constitutionnelle. Dans un climat sécuritaire qui reste précaire, ces échanges réactivent les frictions politiques par rapport au calendrier des scrutins et la stabilité des institutions du pays.


John Kadima

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