Kasaï Oriental : la sensibilisation à l’albinisme au cœur d’une double projection cinématographique organisée par l’AJIECEK

 Kasaï Oriental : la sensibilisation à l’albinisme au cœur d’une double projection cinématographique organisée par l’AJIECEK

À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme célébrée le 13 juin de chaque année, l’Association des Jeunes Intellectuels pour l’Émergence du Cinéma Éducatif au Grand Kasaï (AJIECEK) a organisé, ce samedi 13 juin 2026, une double projection de films documentaire et fiction consacrés à la sensibilisation sur l’albinisme.

Placée sous le haut patronage du Recteur de l’Université Officielle de Mbuji-Mayi, le professeur abbé Apollinaire Cibaka Cikongo, cette activité s’est tenue dans l’amphithéâtre Félix Tshisekedi. L’assistance était composée en grande majorité de personnes vivant avec l’albinisme, représentant près de 80 % des participants.

Dans son intervention, le coordonnateur de l’AJIECEK, Ruphin Kalala, a expliqué que cette initiative vise à déconstruire les préjugés persistants qui entourent l’albinisme et à promouvoir une compréhension scientifique de cette condition génétique.

Ruphin Kalala, coordonnateur d’AJIECEK

« Il faut comprendre que l’albinisme est simplement une condition génétique caractérisée par un manque de mélanine. En dehors de cette réalité scientifique, il n’existe aucune autre explication, qu’elle soit mystique, religieuse ou autre. Cette journée est essentiellement consacrée à la sensibilisation scientifique. À travers cette projection et les débats organisés autour des films, nous voulons montrer à la communauté que l’albinisme n’est ni une malédiction, ni une abomination, ni une condition mystique, mais simplement une condition génétique », a-t-il déclaré.

Le coordonnateur de l’AJIECEK s’est également réjoui de l’engouement suscité par cette activité. Selon lui, l’affluence observée dans la salle témoigne d’un intérêt croissant de la population pour les œuvres cinématographiques à caractère éducatif produites localement.

« Je suis très heureux de constater que les habitants de Mbuji-Mayi s’intéressent de plus en plus à ce genre de manifestations. Les participants ont acheté leurs billets pour venir suivre les œuvres réalisées par les fils et filles de la province, mais aussi pour prendre part aux débats. Cela démontre une réelle évolution des mentalités et un soutien encourageant au cinéma éducatif », s’est-il réjoui.

Parmi les participants figurait Jean-Claude Mutoka, une personne vivant avec l’albinisme, qui a salué une initiative qu’il qualifie de symbolique, historique et salvatrice.

Jean Claude Mutoka, participant

« Cette journée a pour moi une portée symbolique, historique et salvatrice. Symbolique parce que je suis moi-même une personne vivant avec l’albinisme et que j’ai traversé plusieurs épreuves. Historique parce qu’elle montre que le monde s’intéresse enfin à cette catégorie de personnes souvent victimes de discriminations et de préjugés. Salvatrice parce qu’elle nous permet de transmettre un message positif à ceux qui restent attachés à certaines croyances dépassées. L’heure est venue de reconnaître pleinement la dignité des personnes atteintes d’albinisme et de leur garantir les mêmes droits et libertés que tous les autres citoyens », a-t-il affirmé.

Créée en 2014, l’AJIECEK œuvre à travers le cinéma pour sensibiliser la population sur diverses problématiques sociales. Son coordonnateur a indiqué que l’association a déjà réalisé une quinzaine de films portant notamment sur la lutte contre la discrimination, les mariages précoces, les violences basées sur le genre ainsi que l’inclusion sociale.

Selon Ruphin Kalala, plusieurs productions de l’association ont acquis une reconnaissance internationale. Il a notamment révélé qu’un film projeté lors de cette activité a récemment remporté un prix du meilleur film aux États-Unis, où il a également été diffusé le 6 juin dernier.

« Nous sommes très satisfaits du chemin parcouru. Nous avons commencé ici à Mbuji-Mayi et aujourd’hui nos œuvres sont distribuées à l’international. Récemment, l’un de nos films a été projeté aux États-Unis et a remporté le prix du meilleur film. C’est un bilan largement positif au regard de nos objectifs », a-t-il souligné.

Instaurée par les Nations unies en 2014, la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme vise à promouvoir les droits des personnes vivant avec l’albinisme, à lutter contre les discriminations dont elles sont victimes et à sensibiliser le public à leurs besoins spécifiques, notamment en matière de santé et d’éducation.

Cette journée met particulièrement l’accent sur l’accès aux soins dermatologiques et ophtalmologiques, la lutte contre les préjugés ainsi que la promotion de l’inclusion sociale des personnes vivant avec l’albinisme.


Jonathan Madika

Laisser un commentaire