Kasaï Oriental : Fréddy Tshibuabua accuse Jean Charles Okoto d’avoir épuisé les réserves stratégiques de la MIBA et contribué à son déclin lorsqu’il était PAD

 Kasaï Oriental : Fréddy Tshibuabua accuse Jean Charles Okoto d’avoir épuisé les réserves stratégiques de la MIBA et contribué à son déclin lorsqu’il était PAD

Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 31 juillet à Mbujimayi, le coordonnateur de l’Unité Congolaise pour la République (UCR), Freddy Tshibuabua a mis en cause le bilan de Jean-Charles Okoto, actuel président du Conseil d’administration de la Société Minière de Bakwanga. Il lui reproche notamment d’avoir, lorsqu’il était Président-Administrateur Délégué (PAD), exploité des réserves stratégiques sans suffisamment investir dans le renouvellement de l’outil de production, ce qui aurait, selon lui, hypothéqué l’avenir de la société. Dans le même temps, Frédy Tshibuabua estime que les critiques formulées contre le Directeur général André Kabanda Kana doivent être analysées à la lumière de l’état dans lequel il a trouvé une MIBA fortement fragilisée et en grande difficulté de fonctionnement.

Ancien Président-Administrateur Délégué (PAD) de la MIBA, Jean-Charles Okoto avait été nommé en juin 2000 sous le régime de Laurent-Désiré Kabila avant de quitter ses fonctions en 2002. Pour Frédy Tshibuabua, cette période de gestion mérite aujourd’hui d’être examinée avec la même exigence que celle appliquée à l’actuelle direction générale.

Le coordonnateur de l’UCR reproche notamment à Jean-Charles Okoto d’avoir privilégié l’exploitation des rejets et des stériles, qu’il présente comme des réserves stratégiques de la MIBA, sans investir dans le renouvellement de l’outil de production. À ses yeux, cette gestion aurait progressivement privé l’entreprise d’importantes réserves minières.

« Monsieur Jean-Charles Okoto, qu’est-ce que vous avez fait de la MIBA quand vous avez été nommé PAD ? Combien d’engins avez-vous achetés ? Combien d’unités de traitement avez-vous installées pour renouveler l’outil de travail ? À cette époque, la MIBA avait encore du diamant, de l’énergie et une puissance économique. Vous avez augmenté la production grâce au traitement des rejets et des stériles qui constituaient des réserves stratégiques. Au lieu d’investir pour préparer l’avenir de la MIBA, vous avez vidé ces réserves. Aujourd’hui, vous accusez l’actuelle direction d’avoir vendu les réserves. Mais de quelles réserves parlez-vous encore ? À votre place, j’aurais honte de m’en vanter », a lancé Frédy Tshibuabua.

Poursuivant son intervention, il a également évoqué ce qu’il présente comme des faits ayant marqué cette période de gestion. Il a notamment fait allusion à des vols présumés de diamants, au licenciement de certains agents pour ces faits ainsi qu’à la vente de diamants d’exposition et d’échantillons de la MIBA.

« À votre époque, il y avait des vols de diamants à ciel ouvert. Des agents entraient dans le polygone et en ressortaient avec des diamants. Ces millions de dollars auraient dû servir à renouveler l’outil de travail de la MIBA. Nous voulons aussi savoir quand les diamants de l’exposition de la FIKIN et les échantillons de la centrale de triage ont été vendus. De quelles réserves parlez-vous aujourd’hui ? Vous faites partie du problème de la MIBA parce que vous n’avez pas investi dans cette entreprise lorsque vous en aviez la responsabilité », a-t-il poursuivi.

Revenant sur la situation actuelle de l’entreprise, Frédy Tshibuabua a estimé que les critiques visant André Kabanda Kana devaient être appréciées à la lumière de l’état dans lequel il a trouvé la société. À l’en croire, la MIBA était déjà profondément fragilisée avant l’arrivée de l’actuel Directeur général.

« Kabanda est arrivé dans une entreprise pratiquement à l’arrêt. Avec une partie de la créance reconnue de la MIBA, il a fallu remettre le transport des travailleurs en marche, acquérir quelques équipements et assurer le fonctionnement minimum de la société. On ne peut pas faire fonctionner une entreprise de plus de mille travailleurs avec les seuls reliquats qui restent après le paiement des salaires. Avant de parler d’incompétence, il faut regarder la réalité de la MIBA et ce que chacun a laissé après son passage », a-t-il soutenu.

Au-delà de ses critiques contre Jean-Charles Okoto, Frédy Tshibuabua a plaidé pour un renouvellement de l’actuel Conseil d’administration. Selon lui, la relance de la MIBA passe par une nouvelle gouvernance capable d’accompagner les efforts de redressement de cette entreprise stratégique.Cette sortie médiatique intervient alors que le Conseil d’administration de la MIBA a recommandé au ministre du Portefeuille la suspension du Directeur général André Kabanda Kana. Dans sa correspondance, l’organe de gouvernance reproche notamment au DG des faits présumés de mauvaise gestion, des dépenses jugées irrégulières, des décisions administratives contestées ainsi que la vente présumée de certaines réserves diamantifères de l’entreprise. Des accusations que l’intéressé rejette, tandis que cette nouvelle prise de position de Frédy Tshibuabua relance le débat sur les responsabilités des différentes équipes dirigeantes qui se sont succédé à la tête de la MIBA.

Madika Tshionyi Jonathan

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