Dialogue national en RDC : le mouvement de Joseph Kabila soutient l’initiative, mais pose sept conditions et rejette un processus piloté par Tshisekedi
Le mouvement Sauvons la RDC, porté par l’ancien président Joseph Kabila, dit favorable à l’organisation d’un dialogue national destiné à sortir la République démocratique du Congo de la crise actuelle. Dans une déclaration rendue publique le 1er août et signée par son coordonnateur du secrétariat technique, Moïse Nyarugabo, la plateforme estime toutefois que ce dialogue ne pourra produire des résultats que s’il répond à plusieurs exigences qu’elle juge essentielles.
Le mouvement considère que la RDC traverse une crise multidimensionnelle, marquée par l’insécurité persistante, les tensions politiques, la fragilisation des institutions, les atteintes aux droits et libertés fondamentaux ainsi que la dégradation des conditions de vie des populations. Il affirme que le dialogue constitue la voie la plus appropriée pour restaurer la cohésion nationale, rétablir la confiance entre les acteurs politiques et favoriser une paix durable.
Pour garantir la crédibilité du processus, Sauvons la RDC propose sept conditions. Il réclame d’abord une médiation neutre, indépendante et impartiale, soutenue par l’Union africaine et les Nations unies. Il exige ensuite un dialogue inclusif réunissant toutes les parties prenantes, sans exclusion, avant de plaider pour la tenue des assises dans un pays tiers afin de garantir la sécurité et la sérénité des participants.
La plateforme souhaite également que les discussions abordent, sans tabou, les causes profondes de la crise sur la base d’un ordre du jour élaboré de manière consensuelle. Elle insiste en outre pour que les résolutions issues du dialogue soient souveraines, contraignantes et appliquées de bonne foi.
Sur le plan institutionnel, le mouvement réaffirme son attachement au respect de la limitation des mandats présidentiels et conditionne l’ouverture du dialogue à l’abandon définitif du projet de référendum constitutionnel, estimant qu’une telle décision permettrait de dissiper toute suspicion d’un agenda politique caché.
Par ailleurs, Sauvons la RDC réclame plusieurs mesures de décrispation politique, notamment la fin de ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la justice, la libération des prisonniers politiques et d’opinion, le retour des exilés, la restitution de leurs passeports, la levée des restrictions visant certains partis politiques, un accès équitable aux médias publics ainsi que la dissolution de la Force du progrès. Enfin, il demande la mise en place d’un mécanisme de suivi impliquant des organisations africaines et internationales afin de garantir l’application des engagements qui découleraient du dialogue.
Dans sa déclaration, le mouvement estime qu’un dialogue organisé ou dirigé par le président Félix Tshisekedi ne réunirait pas les garanties d’impartialité nécessaires. Il considère que le chef de l’État, qu’il présente comme un acteur central de la crise politique actuelle, ne peut être à la fois partie prenante et arbitre d’un processus de réconciliation nationale. Il plaide ainsi pour une médiation indépendante, acceptée par l’ensemble des protagonistes.
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement poursuit les consultations en vue d’un dialogue national dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, les tensions autour du débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle et les efforts diplomatiques engagés à travers les processus de Washington et de Doha, qui peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain.
Madika Tshionyi Jonathan


