Kasaï Oriental : le DG du SAEMAPE Kapongo met en avant le potentiel du gisement de cuivre de Katende et explique les conditions d’accès à l’exploitation artisanale
Le directeur général du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo Kadiobo, a présenté, lundi 29 juin, les opportunités qu’offre la découverte d’un important gisement de cuivre à haute teneur dans le Kasaï Oriental. Au cours d’une conférence de presse organisée à Mbujimayi, il a expliqué les perspectives qu’offre ce potentiel minier et appelé les Congolais à s’impliquer davantage dans la valorisation des ressources naturelles.
Pour le directeur général du SAEMAPE, cette découverte constitue une nouvelle étape pour le développement du Grand Kasaï.
« Dieu nous a rendu justice aujourd’hui à Mbuji-Mayi. En dehors du gisement industriel reconnu à la MIBA, nous venons de découvrir un gisement très important de cuivre à haute teneur pour essuyer les larmes qui coulaient aux yeux de mes frères.
J’ai présenté ce projet à Son Excellence Monsieur le ministre des Mines. J’ai demandé qu’on puisse amender et mettre cela du Grand Kasaï, parce que les opportunités dont je vais vous parler ne se limiteront pas simplement au cuivre ici à Mbuji-Mayi », a déclaré Jean-Paul Kapongo Kadiobo.

Le directeur général du SAEMAPE a indiqué que la Société Minière de Cuivre du Kasaï (MICKA) doit être envisagée dans une vision plus large, couvrant l’ensemble du Grand Kasaï. Selon lui, le potentiel minier ne se limite pas au cuivre découvert dans le Kasaï Oriental, mais concerne également d’autres ressources disponibles dans la région.
Il a notamment évoqué le nickel-chrome identifié dans le Kasaï Central, particulièrement aux environs de Kananga, estimant que cette ressource représente également une opportunité importante à valoriser.
« Aujourd’hui, c’est le cuivre qu’on doit développer. Nous allons connaître une ébullition ici à Mbuji-Mayi et nous irons vers la roche qui avance vers la province du Kasaï Central, à Kananga plus précisément, où nous avons le nickel-chrome », a-t-il expliqué.
Jean-Paul Kapongo Kadiobo a également rappelé que le nickel-chrome intervient dans plusieurs secteurs industriels, notamment dans la fabrication liée aux batteries électriques, soulignant que cette ressource constitue un atout supplémentaire pour le développement minier du Grand Kasaï.

Il a par ailleurs insisté sur le rôle de l’État dans la gestion des ressources naturelles. Selon lui, le sol et le sous-sol appartiennent à l’État congolais, qui définit les mécanismes d’exploitation à travers le ministère des Mines et ses services spécialisés.
« Nous sommes le ministère qui a la responsabilité sur le sous-sol, de tout ce qui concerne le minerai et le métal. Le ministère des Mines a des services spécialisés qui disposent d’une autonomie administrative et financière, à l’occurrence le SAEMAPE dont je suis responsable », a-t-il indiqué.
Le patron du SAEMAPE a ensuite expliqué les conditions à remplir pour accéder à l’exploitation minière artisanale. Il a précisé que tout Congolais désireux d’intégrer ce secteur doit se conformer aux exigences prévues par la législation minière, notamment en se constituant en coopérative.
« Notre mission est d’encadrer tous les Congolais qui souhaitent travailler dans l’artisanat minier. Ils doivent se constituer en coopérative de vingt membres, accomplir les formalités prévues par la loi et obtenir l’agrément du ministre des Mines. C’est seulement après la notification du SAEMAPE qu’ils peuvent accéder à une zone d’exploitation artisanale », a-t-il affirmé.
Il a précisé que cette procédure comprend la constitution de la coopérative, la certification des statuts, le paiement des frais légaux auprès de la DGRAD ainsi que l’examen du dossier par les services compétents avant l’obtention de l’agrément.
Revenant sur l’origine du gisement, Jean-Paul Kapongo Kadiobo a indiqué que les premiers indices ont été découverts par des exploitants artisanaux. Il a expliqué que les travaux de prospection et de sondage lancés récemment marquent une nouvelle étape dans la valorisation de ce potentiel minier.
« Ceux qui ont découvert le gisement sont des exploitants artisanaux. Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle étape avec les travaux de prospection. Notre ambition est d’accompagner les Congolais afin qu’ils passent progressivement de l’exploitation artisanale à la petite mine mécanisée et deviennent de véritables entrepreneurs miniers », a-t-il déclaré.
Le responsable du SAEMAPE a également évoqué les difficultés auxquelles son établissement fait face. Il a cité notamment le manque de financement, l’insuffisance des zones d’exploitation artisanale dans certaines provinces ainsi que la présence d’exploitants illégaux et d’hommes armés sur certains sites miniers.
Pour lui, ces contraintes ont longtemps freiné la formalisation du secteur et empêché plusieurs Congolais de bénéficier pleinement des retombées liées à l’exploitation de leurs ressources naturelles.
« L’État doit donner au SAEMAPE les moyens de remplir pleinement sa mission. Nous devons protéger les exploitants artisanaux, organiser les coopératives et faire en sorte que les richesses minières profitent d’abord aux Congolais », a-t-il plaidé.
Au cours de cette conférence de presse, Jean-Paul Kapongo Kadiobo a également salué les transformations observées à Mbujimayi ces dernières années, notamment dans le domaine des infrastructures. Il a rendu hommage au Président de la République, Félix Tshisekedi, pour les efforts consentis dans ce secteur.
Il a invité les opérateurs économiques ainsi que les filles et fils du Kasaï Oriental à investir davantage dans les hôtels, les supermarchés et d’autres infrastructures capables d’accompagner le développement économique attendu autour de l’exploitation du cuivre.
Cette communication intervient quelques jours après la cérémonie organisée le jeudi 25 juin dernier à Katende, dans le territoire de Miabi, où le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait présidé la signature du protocole d’accord entre la Minière de Bakwanga (MIBA) et la société China Railway Resources Universal (CRRU), avant de lancer officiellement les travaux de prospection géologique du cuivre dans le cadre du projet MICKA (Mines de Cuivre du Kasaï).
Cette initiative est considérée comme une étape importante dans la relance du secteur minier du Grand Kasaï et dans la valorisation du potentiel cuprifère de cette partie du pays.
Jonathan Madika


