Kasaï Oriental : La ville de Mbujimayi accueille en octobre la Conférence consacrée au Développement du Grand Kasaï

 Kasaï Oriental : La ville de Mbujimayi accueille en octobre la Conférence consacrée au Développement du Grand Kasaï

Une réunion préparatoire à la grande conférence consacrée au développement du Grand Kasaï s’est tenue ce mercredi 16 septembre 2026 à l’Université Officielle de Mbujimayi (UOM), dans la province du Kasaï-Oriental.

Cette rencontre, lancée par le professeur Abbé Apollinaire Cibaka Cikongo, recteur de l’UOM, et couplée à un panel animé par l’équipe d’organisateurs et d’experts, a réuni plusieurs acteurs du monde universitaire, notamment des professeurs, chefs de travaux, assistants et étudiants, autour des enjeux socio-économiques et politiques liés au développement de l’espace Kasaï.

Parmi les membres de l’équipe venus de Kinshasa figuraient notamment le professeur Albert Kabasela Yenga-Yenga, directeur de l’Observation spatiale des ressources naturelles et du climat, ainsi qu’Armand Tshamala Kanyinda, président du Conseil d’administration de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP).

Cette étape s’inscrit dans une série de consultations menées dans plusieurs provinces du Grand Kasaï. Après le Kasaï-Central, l’équipe a poursuivi sa tournée à Mbujimayi pour recueillir les préoccupations et propositions des acteurs locaux avant la tenue de la conférence principale annoncée en octobre.

Au-delà de l’identification des projets, les organisateurs veulent surtout mettre l’accent sur leur mise en œuvre. Ils estiment que les précédentes initiatives de développement ont souvent été confrontées au problème du suivi et de l’exécution des résolutions.

Professeur Kabasela Yenga-Yenga, membre d’organisation

« Les résultats sont simples. Comment démarrer effectivement par l’implémentation des projets arrêtés et convenus pendant la conférence ? Et ces projets n’attendront pas parce qu’on n’a pas beaucoup de temps, il faut les implémenter. Les implémenter par la volonté politique, les implémenter par la participation de chaque fille et fils de l’espace Kasaï, les implémenter par des cotisations, des dons des personnes qui peuvent nous accompagner, les implémenter par un crédit bancaire à tous les niveaux parce que nous sommes crédibles vis-à-vis de ces banques et vis-à-vis des entreprises de l’État qui financent des projets et nous n’avons pas de barrières pour être soutenus. Donc nous sommes conscients que cette fois-ci ce n’est pas du déjà entendu, du déjà vu. Non, nous ne venons pas pour mettre des projets au frigo, nous venons pour les démarrer. Mais pas pour les démarrer à partir de Kinshasa, les démarrer à partir de l’espace kasaïen lui-même », a déclaré le professeur Albert Kabasela Yenga-Yenga, membre de l’équipe d’organisation.

Le Grand Kasaï reste confronté à d’importants défis, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. Pour Albert Kabasela, la multiplication des promesses non concrétisées au fil des années a également nourri une certaine méfiance au sein de la population.

Armand Tshamala Kanyinda, membre d’organisation

« Nous pensons qu’à partir de Kananga jusqu’à Mbujimayi, que la population était très déçue des décennies passées. Ils ont eu des promesses qui ne se sont jamais réalisées. Ils sont un peu sceptiques. Mais nous nous sommes efforcés à les convaincre pour qu’ils adhèrent à ce nouveau plan, parce que les temps politiques ont changé. Maintenant, il y a de la volonté politique et il y a des moyens. Autrefois, il n’y avait ni volonté politique, ni moyens. Et l’espace était isolé. Mais aujourd’hui, l’espace n’est pas isolé. L’espace est vraiment au cœur des discussions politiques pour son développement. Le Chef de l’État ne ménage aucun effort pour développer toutes les provinces, et toutes les provinces sont dans la même dynamique », a-t-il précisé.

Par ailleurs la conférence d’octobre devrait ainsi réunir différents acteurs autour des projets identifiés, avec l’objectif de réfléchir aux mécanismes de financement et aux conditions de leur mise en œuvre.

Les organisateurs souhaitent inscrire cette démarche dans une dynamique nationale, tout en faisant du Grand Kasaï un premier cadre d’action, en raison notamment des réalités sociologiques et de la proximité entre ses populations.

Madika Tshionyi Jonathan

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